Handicapés : les associations dénoncent un report des mesures

L'amélioration du quotidien des personnes handicapées peut attendre. Matignon devrait anoncer ce mercredi le report d'un délai pourtant scellé dans une loi datant de 2005 : l'obligation de rendre vivables ou accessibles les lieux publics, les logements et les transports. Le calendrier pourrait être décalé de trois à neuf ans, selon les équipements. De quoi décevoir les associations concernées. 

(Maxppp)

Des bâtiments et des transports aménagés et plus faciles d'accès pour
les personnes handicapées : c'était demain, ce sera après-demain. Un
signal avait été lancé en septembre dernier. Le gouvernement avait reconnu que les objectifs fixés dans la loi de 2005 ne seraient pas atteints. Ce mercredi, le Premier ministre devrait annoncer le report officiel des obligations, alors que les associations attendent une généralisation de l'accessibilité depuis près de 40 ans. 

Un calendrier repoussé de trois à neuf ans

La loi sur le handicap de 2005 prévoyait de rendre
accessibles en dix ans, les transports et les bâtiments recevant du public. Des
villes et des promoteurs ont été vigilants en accélérant des aménagements, d'autres ont repoussé
des projets
. Ces mauvaises élèves pourraient bien être les gagnants du nouveau calendrier présenté mercredi par le Premier ministre. Les agendas prévoyant les obligations devraient être repoussés à trois ans pour les commerces de proximité et les cabinets
médicaux. Des bâtiments comme les écoles et les mairies gagneraient six ans
pour la mise en conformité. L'accès plus facile aux trains serait repoussé
jusqu'en 2024.

C'est une déception qui attend l'Association des Paralysés de France (APF). Non seulement elle constate les retards mais elle recense des écueils récents, qui auraient dû être évités. A Toulouse, Odile Maurin  pour l'APF, évoque des logements livrés en 2013. L'accès aisé à la terrasse est empêché par une marche de 27 cm. 

La dernière étude de l'APF montrait des progrès sur la carte des villes ayant fait des aménagements. Mais à peine plus de la moitié des écoles et seulement 42% des réseaux de bus sont accessibles; Selon l'Assocation des Paralysés de France, près de 10
millions de français sont concernés par le handicap, il faut y ajouter toutes
les personnes à mobilité réduite. 

Des délais et des amendes, mais plus tard

Le Premier ministre va boucler ce mercredi la concertation menée avec les acteurs concernés par
les obligations : les associations, les représentants des collectivités
locales, des commerces. En plus de l'étalement du nouveau calendrier, il est
question de demander un engagement à ceux qui ne sont pas encore dans les clous
de la loi. Des sanctions financières seraient prévues en cas de
non-respect des travaux d'accessibilité. Afin de réorganiser le nouvel agenda,
un texte devrait être présenté au Parlement au printemps. La loi de 2005 serait
alors décalée et complétée.