VIDEO. Le dernier mort de la Grande Guerre

Augustin Trébuchon est mort le 11 novembre 1918, dix minutes avant la proclamation de l'armistice. Un portrait en forme d'hommage signé Christophe Airaud. 

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FRANCE 2

Le 11 novembre 1918 à 11 heures, c'est l'armistice. La guerre est finie : quatre ans d'une boucherie innommable se termine, la population exulte et les soldats fraternisent. Pourtant, des hommes au matin du 11 novembre vont mourir sur le front au nord de la France, à l'instar d'Augustin Trébuchon, âgé de 40 ans et originaire de Lozère. Depuis le 9, une offensive se prépare dans les Ardennes. Les troupes françaises et allemandes se font face, séparées par la Meuse. L'ordre est donné aux Français de traverser le fleuve, une opération périlleuse. Ce jour de 1918, la météo est terrible, le fleuve est en crue. Dans la nuit, l'opération est réussie : le 415e régiment d'infanterie a conquis le versant nord. Le 11 novembre à 10h30, le brouillard se lève, l'estafette Augustin Trébuchon porte un message à son capitaine sur le champ de bataille. A 10h50, il est abattu. C'est l'un des derniers morts de la Grande Guerre.

Date de décès falsifiée

"Trébuchon est décédé entre la passerelle du barrage et la ligne de front qui se trouvait le long de la voie ferrée puisqu'il apportait aux troupes de première ligne le billet 'On vous attend à 11h30 à Dom-le-Mesnil pour le casse-croûte'", raconte Georges Dommelier, l'ancien maire de Vrigne-Meuse, dans les Ardennes. Pourquoi la veille de l'armistice des combats si violents ? Des offensives encore ordonnées et des hommes envoyés à la mort ? "On savait que les Allemands étaient à bout et donc il était hors de question de desserrer l'étreinte. On tenait l'ennemi à la gorge et il fallait serrer encore plus fort pour l'amener à la reddition", explique l'historien Jean-Yves Le Naour. Célibataire sans enfant, Augustin Trébuchon sera inhumé à Vrigne-Meuse. Mais sur sa tombe, son décès est daté du 10 novembre 1918. "Pour un certain nombre de soldats qui ont été tués le 11 novembre, leur décès a été retranscrit sur les fiches matricules pour le 10 novembre parce qu'il était trop difficile d'avouer et de dire aux familles que leur fils, leur mari, leur frère avait été tué le jour même de l'armistice", poursuit Jean-Yves Le Naour. 

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