VIDEO. Centenaire 14-18 : la longue accolade des présidents français et allemand pour célébrer la paix

L'amitié franco-allemande était au cœur des cérémonies marquant le centenaire du début de la première guerre mondiale, en Alsace. 

Les présidents français et allemand, François Hollande (D.) et Joachim Gauck se donnent l\'accolade, lors du centenaire du début de la première guerre mondiale sur le site du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), le 3 août 2014. 
Les présidents français et allemand, François Hollande (D.) et Joachim Gauck se donnent l'accolade, lors du centenaire du début de la première guerre mondiale sur le site du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), le 3 août 2014.  (THIBAULT CAMUS / AFP)

Comme François Mitterrand et Helmut Kohl sur les champs de bataille de Verdun en 1984. Les présidents français et allemand, François Hollande et Joachim Gauck, se sont donné dimanche 3 août une longue accolade pour célébrer l'amitié entre leurs deux pays, en ouverture des cérémonies marquant le centenaire du début de la première guerre mondiale sur le site du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin).

 

Laurent Desbonnets, Hélène Hug, France 3

François Hollande et Joachim Gauck ont remonté côte-à-côte la "tranchée d'honneur" menant à la crypte du monument du Hartmannswillerkopf, encadrée par une soixantaine de porte-drapeaux, anciens combattants du Haut-Rhin. Après une brève présentation des lieux, ils ont signé une déclaration commune à l'occasion de la pose de la première pierre de l'historial franco-allemand du Hartmannswillerkopf, "première institution binationale consacrée à la Grande Guerre". Ce musée doit ouvrir ses portes en 2017 au public.

"Les terribles combats qui l'ont ravagé (...) ont fait du Hartmannswillerkopf un lieu sacré où s'entretient le souvenir des déchirements du XXème siècle. Par la construction de ce musée unique en son genre, il sera aussi désormais un emblème de l'amitié entre la France et l'Allemagne et un symbole de leur mémoire réconciliée", souligne la déclaration. Le texte, cosigné des deux présidents, sera ensuite scellé dans un cylindre disposé dans la première pierre du musée. Les deux présidents se sont ensuite recueillis quelques instants dans la crypte du monument, devant le bouclier de bronze sous lequel seraient enterrées les cendres de quelque 12.000 soldats inconnus français et allemands. Serrés l'un contre l'autre, les deux présidents se sont ensuite donné une longue et chaleureuse accolade sous les objectifs de caméras et de photographes.

"Les commémorations ne sont pas une nostalgie"

Cent ans jour pour jour après la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France,François Hollande et Joachim Gauck ont ensuite célébré dans leurs allocutions le sacrifice des quelque 30 000 hommes des deux pays qui furent tués lors des combats qui les opposèrent sur ce piton rocheux. Mais aussi la construction d'une Europe de paix, au lendemain de la seconde guerre mondiale.

"Les commémorations ne sont pas une nostalgie, elles sont un rappel des épreuves traversées par les peuples. Elles sont les leçons de l'histoire. Elles sont des appels à l'union, au rassemblement, à la mobilisation face à d'autres enjeux, d'autres menaces, d'autres défis", a expliqué François Hollande. Le président français a également appelé à un cessez-le feu à Gaza. "Tous nos efforts doivent être tendus pour imposer, aujourd'hui plus que jamais le cessez-le feu à Gaza et en finir avec les souffrances des populations civiles." "A ceux qui désespèrent du processus de paix au Proche-Orient, quel plus beau message pouvons nous délivrer que celui d'aujourd'hui", a poursuivi François Hollande. "L'histoire de la France et de l'Allemagne démontre que la volonté peut toujours triompher de la fatalité et que des peuples qui ont été regardés comme des ennemis héréditaires peuvent en quelques années se réconcilier."