Féminicide dans le Bas-Rhin : "15 à 20 minutes sur un délai d'intervention de nuit, c'est récurrent", affirme la porte-parole de la gendarmerie

Selon Maddy Scheurer, il n'y a pas de "délai légal" imposé aux gendarmes pour intervenir. Cela dépend notamment du nombre d'interventions. La nuit de dimanche a été particulièrement chargée précise la porte-parole de la gendarmerie. 

Un véhicule de gendarmerie. (Illustration). 
Un véhicule de gendarmerie. (Illustration).  (BENJAMIN FONTAINE / FRANCE-BLEU ARMORIQUE)

Le délai d'intervention des gendarmes dans la soirée de dimanche 10 novembre à Oberhoffen-sur-Moder (Bas-Rhin), où Sylvia Walter, une femme de 40 ans a été tuée de plusieurs coups de couteau par son compagnon, a-t-il été trop long ? A cette accusation, lancée par la fille de la victime, la porte-parole de la gendarmerie nationale, Maddy Scheurer, a répondu, mardi sur franceinfo, que "15 à 20 minutes sur un délai d'intervention de nuit (était) quelque chose de récurrent et d'assez régulier", estimant qu'il ne s'agissait "pas d'un retard".

Une nuit particulièrement chargée pour les gendarmes

Stella Guitton, la fille de la victime, reproche aux gendarmes d'avoir mis du temps à se déplacer. C'est elle qui a appelé les secours, dimanche, après avoir eu sa mère au téléphone, vers 23 heures. "J’ai entendu crier, je suis partie dans ma voiture. J’ai téléphoné à la gendarmerie qui m’a dit 'on arrive'. J’habite à Bischwiller. La gendarmerie est à Bischwiller. J’ai mis trois minutes à venir jusqu’à chez ma mère. Eux n’étaient pas là avant quinze, voire trente minutes", a expliqué la fille unique de la victime, au micro de France Bleu Alsace.

Selon la porte-parole de la gendarmerie, il a fallu "une vingtaine de minutes à la patrouille pour être sur place et pour ensuite estimer l'intervention qu'elle devait faire sur site, et la dangerosité de l'auteur qui était présent sur place". La porte-parole de la gendarmerie a également précisé que le temps d'intervention pouvait être en fonction du nombre d'appels que recevait la gendarmerie, et que les gendarmes du Bas-Rhin avaient été très sollicités cette nuit-là. "Les sollicitations sont priorisées au niveau du centre opérationnel de la gendarmerie qui ensuite envoie les patrouilles aux différentes adresses au gré des sollicitations", explique Maddy Scheurer. 

Ce qui est très important de comprendre, c'est que pour pouvoir prioriser l'intervention, il est important que le message soit très clair au moment où l'on sollicite aussi les forces de l'ordre. Quand il y a réellement une urgence, il est très important de la faire comprendre de façon très claire.Maddy Scheurerà franceinfo

Les gendarmes ont-ils bien compris l'urgence de la situation ? A cette question, Maddy Scheurer n'a pas souhaité répondre dans le détail, se réfugiant derrière "l'enquête qui est en cours". "C'est cette enquête qui déterminera ensuite pour quelles raisons les gendarmes sont arrivés au bout de 20 minutes", a ajouté la porte-parole de la gendarmerie, précisant tout de même, à propos du délai d'intervention des gendarmes: "Ils sont arrivés pour de bonnes raisons".

Selon Maddy Scheurer, il n'y a pas de "délai légal" imposé aux gendarmes pour intervenir. "La gendarmerie, dès qu'elle a connaissance d'une situation sur laquelle elle doit se déplacer, elle se déplace, en fonction du degré d'urgence et de la priorisation du nombre d'appels qu'elle peut recevoir", a-t-elle expliqué.

"A partir du moment où il y a un degré d'urgence, on le prend en compte, explique Maddy Scheurer, on se déplace le plus rapidement possible. Les distances, ensuite, sont incompressibles, et de nuit le gendarme ne sera pas nécessairement au chef-lieu de la brigade, il peut être à l'opposé de la circonscription, et ensuite devoir rejoindre une nouvelle adresse", a dit Maddy Scheurer.

Sollicité, le parquet de Strasbourg a indiqué qu'il s'exprimerait "dans les prochaines heures" mardi sur cette affaire.