Arrêt des soins de Vincent Lambert : le Défenseur des droits estime qu'il "ne lui appartient pas" de trancher

Les avocats des parents de Vincent Lambert avaient saisi lundi le Défenseur des droits pour lui demander d'intervenir afin d'empêcher l'arrêt des soins de leur fils tétraplégique.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon arrive à l\'Elysée, le 30 janvier 2018, à Paris.
Le Défenseur des droits Jacques Toubon arrive à l'Elysée, le 30 janvier 2018, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le Défenseur des Droits botte en touche. Ce dernier a estimé, vendredi 17 mai dans un communiqué, qu'il "ne lui appartient pas" de trancher entre la demande des parents de Vincent Lambert et les décisions du Conseil d'Etat et de la CEDH après l'annonce de la prochaine interruption des soins.

Les avocats des parents de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, avaient saisi lundi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, afin qu'il intervienne pour faire appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU (CIDPH). Celui-ci enjoignait à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins de Vincent Lambert, prévu à partir du 20 mai, avant une instruction sur le fond.

"On va le laisser crever de faim"

Mercredi, le tribunal administratif de Paris a rejeté un recours en urgence des parents de Vincent Lambert, qui invoquaient "l'atteinte grave et manifestement illégale portée au droit au respect de la vie". L'affaire déchire sa famille : d'un côté, les parents, un demi-frère et une sœur s'opposent à l'arrêt des soins ; de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et sœurs du patient dénoncent un acharnement thérapeutique.

"Vincent n'est pas en fin de vie, on va le mettre en fin de vie dans des conditions horribles et hypocrites (...) On va le laisser crever de faim et de soif (...) et on va être autour de lui à attendre sa mort pendant trois jours, quatre jours peut-être...", a déploré son demi-frère, David Philippon.

Son état est stabilisé depuis des années, ce n'est pas un légume.David Philippon, demi-frère de Vincent Lambertà l'AFP

Les parents de Vincent Lambert, Pierre, 90 ans, et Viviane, 73 ans, fervents catholiques, appellent, avec l'association "Je soutiens Vincent", à un rassemblement dimanche après-midi devant l'hôpital de Reims où se trouve leur fils afin de tenter d'empêcher l'arrêt programmé des traitements.