Proposition de loi autorisant l'euthanasie : les initiateurs du texte en appellent au gouvernement et à la majorité pour reprendre les débats

Les travaux autour de ce texte sur l'euthanasie n'ont pas dépassé l'article premier, et risquent de disparaître de l'agenda si un autre groupe politique ou le gouvernement ne l'inscrit pas sur son temps d'ordre du jour.

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Des députés dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 6 avril 2021.  (JACOPO LANDI / HANS LUCAS / AFP)

Face à des milliers d'amendements et un temps contraint, l'examen de la proposition de loi ouvrant un droit à "une fin de vie libre et choisie" n'a pu aller à son terme. Les députés d'opposition Libertés et territoires, qui l'avaient portée devant l'Assemblée, jeudi 8 avril, ont demandé vendredi à "la majorité et au gouvernement de reprendre et d'achever le débat sur la fin de vie, avant la fin du quinquennat".

Les travaux autour de ce texte sur l'euthanasie n'ont pas dépassé l'article premier, et risquent de disparaître de l'agenda si un autre groupe politique ou le gouvernement ne l'inscrit pas sur son temps d'ordre du jour.

"Le débat mérite d'avoir lieu, ça ne fait aucun doute" mais il a "besoin de temps", avait estimé jeudi le ministre de la Santé, Olivier Véran, devant les députés. Se disant "pas convaincu qu'il faille ouvrir aujourd'hui un débat de cette envergure", il avait cependant promis une meilleure application de la loi actuelle, dite Claeys-Leonetti, adoptée en 2016, qui prévoit une sédation profonde et continue pouvant mener à la mort, mais sans euthanasie active.

Une seule journée pour discuter du texte 

"Est-il normal que ces sujets, comme d'autres, quand ils sont portés par des parlementaires, soient traités à la va-vite, dans des délais très contraints ? Une telle concentration des pouvoirs dans les mains de l'exécutif et du président de la République n'est pas un signe de bonne santé démocratique", a jugé le président du groupe Libertés et territoires, Bertrand Pancher, dans un communiqué.

Le député de la Meuse suggère que chaque groupe politique puisse "disposer d'une semaine au lieu d'une journée [au moins, en fonction de la taille des groupes], par an, pour engager les réformes demandées par les Français".

Le groupe Libertés et territoires avait d'autres textes inscrits dans sa "niche" (la journée dont l'ordre du jour lui est réservé), qui n'ont pu être discutés : sur la lutte contre la spéculation foncière et immobilière en Corse, la lutte contre le trafic international d'organes humains ou encore la légalisation du cannabis.

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