Le Conseil d'Etat transmet le cas de Vincent Lambert à une formation collégiale

Les médecins, l'épouse et un neveu du patient avaient saisi le Conseil d'Etat pour contester son maintien en vie, obtenu par ses parents devant un tribunal administratif.

Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013.
Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013. (MAXPPP)

Son maintien en vie déchire sa famille. Et embarrasse le Conseil d'Etat. Le juge de la haute juridiction chargé de se prononcer sur l'affaire a décidé, jeudi 6 février, de renvoyer le sort de Vincent Lambert, en état végétatif chronique depuis plus de cinq ans, devant une formation collégiale qui doit se réunir la semaine suivante. La date doit être précisée vendredi. 

"La très grande difficulté des questions qui sont posées", d'ordre "juridique", "déontologique" et "éthique", "exclut qu'elles puissent être tranchées par un juge unique", a estimé le président Bernard Stirn au terme d'une audience au cours de laquelle des membres de la famille de Vincent Lambert ont exposé leurs arguments.

Pas d'espoir de récupération

Depuis un accident de la route en septembre 2008, l'homme de 38 ans est tétraplégique et en état de conscience minimale, sans espoir de récupération. Ses parents, catholiques traditionalistes, se sont opposés à son euthanasie passive, et ont obtenu gain de cause devant la justice, contre la demande de sa femme.

Cette dernière a saisi le Conseil d'Etat pour contester ce maintien en vie, décidé le 16 janvier par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. "Le laisser partir est un acte d'amour", affirmait-elle. Sous pression du ministère de la Santé, le CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert, a lui aussi déposé un recours, ainsi que François Lambert, son neveu.