Egalité professionnelle : huit ex-ministres et une députée dénoncent "le recul du gouvernement"

Ces femmes politiques de tous bords estiment que la loi sur le dialogue social et l'emploi "supprime des outils au lieu de les renforcer".

Les ex-ministres et signataires de la tribune Aurélie Filippetti (G) et Cécile Duflot, le 4 juillet 2012 à l\'Elysée.
Les ex-ministres et signataires de la tribune Aurélie Filippetti (G) et Cécile Duflot, le 4 juillet 2012 à l'Elysée. (BERTRAND GUAY / AFP)

Elles dénoncent un pas en arrière dans la lutte contre les inégalités hommes-femmes. Neuf femmes politiques de gauche comme de droite, dont huit anciennes ministres, dénoncent jeudi 28 mai "le recul du gouvernement sur l'égalité professionnelle femmes-hommes", dans une tribune publiée sur le site SOS-Egalité professionnelle.

"Pour la première fois depuis 1972, un gouvernement propose une loi sur l'égalité professionnelle qui supprime des outils au lieu de les renforcer ou d'en créer de nouveaux", s'élèvent dans cette tribune Yvette Roudy (PS), Nicole Ameline (UMP), Marie-George Buffet (PCF), Cécile Duflot (EELV), Aurélie Filippetti (PS), Chantal Jouanno (UDI), Catherine Vautrin (UMP), Rama Yade (Parti radical) et Marie-Jo Zimmermann (UMP).

"Une belle opération d'enfumage"

"Le projet de loi sur le dialogue social et l'emploi supprime deux outils indispensables de l'égalité professionnelle : la production par l'entreprise d'un document dédié, le Rapport de situation comparée, et l'organisation d'une négociation spécifique", déplorent les signataires. "Ces outils garantissaient notamment la visibilité de la thématique dans l'entreprise. En matière d'égalité femmes-hommes, rendre visible les inégalités est une étape déterminante pour faire reculer l''illusion de l'égalité' et mobiliser les acteurs et actrices sur le sujet", soulignent-elles.

"Le gouvernement a fait une belle opération d'enfumage. Ce sera comme le sucre, ça va se dissoudre au fond du verre au nom de la simplification des entreprises", déclare au Parisien (article pour abonnés) Yvette Roudy, à l'origine de la première loi sur le sujet, en 1983. Déjà, début mai, une campagne avait été lancée par différentes associations féministes, rappelle le quotidien.