"Test de radicalisation" dans les collèges et lycées : une proposition qui fait débat

L'idée est de Geoffroy Didier, candidat à la primaire de droite. Le vice-président LR (Les Républicains) de la région Ile-de-France propose un entretien avec un psychologue pour repérer dit-il les jeunes qui sont embrigadés sur internet et à la sortie des établissements.

(Geoffroy Didier, candidat pour la primaire des Republicains © maxPPP)

Dans un communiqué publié mardi, Geoffroy Didier a souligné la nécessité de "détecter la radicalisation des jeunes le plus tôt possible ". "Ce test de radicalisation, prendrait la forme d'un entretien entre l'élève et un psychologue (…)", a expliqué le vice-président Les Républicains de la région Ile-de-France. Geoffroy Didier, a justifié sur France Info ce mercredi sa proposition  : "Cette proposition, je l'ai travaillée avec des professeurs, des psychologues, car ils sentent bien que c'est à l'âge de l'adolescence que tout se construit ".

"Test de radicalisation" dans les collèges et lycées : les proviseurs "très circonspects" (SNPDEN)

Le syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN), principal syndicat de chefs d'établissement en France, exprime ses doutes après la proposition du candidat à la primaire de droite : "On est très circonspects parce que cela va à l'encontre de la nature de nos établissements, qui sont des lieux d'accueil et d'épanouissement des élèves", réagit ce mercredi sur France Info Michel Richard, secrétaire général du SNPDEN.**

"De telles démarches risquent de stigmatiser un certain nombre d'élèves.  Les collégiens et les lycéens sont à l'âge de l'adolescence où on aime être provocateur. Si on met en place cela, on va avoir une multiplication de jeunes qui vont jouer sur ce sujet pour attirer l'attention sur eux.  Ce que nous faisons dans nos établissements, c'est au contraire un travail éducatif et pédagogique de sensibilisation aux valeurs de la République, à l'esprit de respect, de tolérance, d'acceptation de la différence… qui sont les meilleurs antidotes contre les démarches de radicalisation. "

"On est très circonspects parce que cela va à l'encontre de la nature de nos établissements" (Michel Richard, secrétaire général du SNDPEN)
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"Ma proposition a au moins le mérite de lancer le débat de la radicalisation précoce" (Geoffroy Didier)

Interrogé sur la réaction dubitative du syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale, Geoffroy Didier a répondu que c'était une proposition qui avait "au moins le mérite de lancer le débat de la radicalisation précoce ". "Si tout allait si bien dans l'Ecole française, cela se saurait. Nous n'aurions pas des terroristes récents qui sont passés à l'acte alors qu'ils ont eux-mêmes essuyé les bancs de l'école publique française. " Geoffroy Didier a ainsi cité l'exemple de "cette jeune lycéenne de 16 ans qui était prête à passer à l'acte terroriste il y a quelques jours ".

"Lorsqu'on se souvient qu'au lendemain des évènements de Charlie Hebdo, dans certaines, classes on refusait de respecter la minute de silence qui avait pourtant été programmée, on se dit que nous avons aussi intérêt à aider ces jeunes avant qu'il ne soit trop tard.