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Le ministère de l'Éducation nationale souhaite rendre le Service national universel progressivement obligatoire dès septembre 2024

La secrétaire d'Etat Sarah El-Haïry souhaite rendre le SNU obligatoire dans six départements, avant d'élargir l'expérimentation, selon une note que franceinfo a pu consulter.
Article rédigé par Marie Dupin, franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des jeunes du Service national universel (SNU) regardent un film à la base aérienne de Luxeuil-Saint Sauveur, dans l'est de la France, le 24 juin 2019. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le Service national universel (SNU) pourrait progressivement devenir obligatoire dès septembre 2024. C'est la piste privilégiée par le ministère de l'Éducation nationale, selon un document de travail du ministère daté du 2 décembre 2022 que franceinfo a pu consulter, confirmant une information de Politis. Selon cette note, le ministère souhaite rendre le SNU obligatoire dans six départements, avant d'élargir l'expérimentation. C'est Emmanuel Macron qui prendra la décision finale. Le président de la République devait le faire en janvier mais la réforme des retraites l'a obligé à décaler sa décision. L'Elysée promet des arbitrages au printemps 2023.

Le SNU se compose d'un séjour de cohésion obligatoire de 12 jours qui s'effectue en dehors du département ou de la région de résidence du jeune, puis d'une période d'engagement facultative qui peut prendre la forme d'un service civique ou d'un engagement dans les réserves. Ce séjour aura lieu sur le temps scolaire. Selon le document du ministère, la journée type du séjour de cohésion début à 6h30 pour s'achever à 22h30. "Les rituels républicains (levée du drapeau, marseillaise...) font partie intégrante des éléments qui rythment et donnent un cadre à chaque journée", précise le texte. Une tenue "commune" à tous les jeunes sera fournie, et l'utilisation du téléphone portable sera interdite en journée.

800 000 jeunes par an concernés

Tout jeune Français, scolarisé en classe de seconde générale ou technologique ou en première année de CAP, est concerné par le SNU, et à défaut tout jeune Français, fille ou garçon, âgé(e) de 16 ans, non scolarisé. Il ou elle ne pourra pas choisir son lieu d'affectation ni sa date de convocation, mais pourra bénéficier d'un report en cas de force majeure. Environ 800 000 jeunes par an sont concernés. Le ministère insiste sur les "principes du SNU" qui sont "la mixité et le brassage social et territorial". Et si le jeune réalise le parcours complet du Service national universel, il ou elle verra son permis de conduire intégralement financé. 

Le secrétariat d'Etat au SNU confirme à franceinfo qu'une généralisation du Service national universel est bien la piste privilégiée par le ministère. Mais il ne sera pas forcément obligatoire. Il assure que d'autres hypothèses sont à l'étude, comme un SNU incitatif avec notamment une formation au permis de conduire offerte pour tout SNU réalisé.

32 000 volontaires en 2022

Lancé en 2019 avec un caractère volontaire, le Service national universel propose aux adolescents âgés de 15 à 17 ans de participer à un séjour de cohésion gratuit comprenant des activités sportives, culturelles et intellectuelles. Les jeunes prennent part ensuite à une mission d'intérêt général durant 84 heures en lien avec un service de l'armée, une association ou encore une administration. Ses objectifs sont de "renforcer la résilience de la nation", de "développer la cohésion sociale" et de "promouvoir une culture de l'engagement"

Deux mille jeunes volontaires dans 13 départements ont participé à la première expérimentation en 2019. En 2021, ce sont 15 000 jeunes qui ont participé à des stages de cohésion dans toute la France. En 2022, le SNU a mobilisé 32 000 volontaires, 69% étaient en classe de seconde et 55,9% des inscrits étaient des filles. 

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