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Sélection illégale, frais d'inscriptions indus... Les pratiques des universités pointées du doigt

Dans son rapport annuel, le syndicat étudiant Unef affirme que 33 établissements pratiquent une sélection illégale des élèves et que 14 leur imposent des frais supplémentaires. 

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France Télévisions
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Dans son rapport 2014, l'Unef affirme que 33 universités pratiquent une sélection illégale de leurs étudiants.  (STEVENS FREDERIC / SIPA)

L'Unef épingle les dérives des universités. Dans son rapport annuel (PDF), publié mercredi 16 juillet, le principal syndicat étudiant pointe la sélection illégale des étudiants dans certains établissements, tout comme les pratiques de certaines universités concernant les frais d'inscription illégaux. 

Francetv info revient sur les principales critiques formulées. 

Des pré-requis demandés

De "plus en plus d'établissements choisissent de limiter le nombre de places disponibles en licence et en master par un processus de sélection", indique d'abord le rapport. Dans les licences spécialisées, certaines universités affirment ainsi que des "prérequis" sont "indispensables" comme pour certains diplômes d'ingénieur ou de langue. Or, une université doit faire progresser l'étudiant "à partir des connaissances attestées par le baccalauréat".

Parmi les universités épinglées par l'Unef figurent Paris-V pour sa licence en droit, l'université d'Avignon pour le cursus "Info Com", Paris-IV pour sa formation d'arabe, Bordeaux-III en musicologie ou encore Paris-VII pour les Sciences de la vie.

Une sélection hasardeuse

En outre, des universités instaurent des "capacités d'accueil" afin de limiter le nombre d'inscriptions, et "n'hésitent pas à mettre en place un tirage au sort" à l'entrée de leurs formations, déplore l'Unef. La mise en place de "capacités d'accueil" est une "tendance inquiétante" en région parisienne, qui concentre le plus d'étudiants. Douze des dix-sept universités franciliennes pratiquent cela en licence. Hors Ile-de-France, 21 universités usent de cette pratique pour la rentrée 2014. 

C'est notamment le cas dans les filières Staps, comme à Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelins ou encore Toulouse (Haute-Garonne) et Bordeaux (Gironde), note Libération (accès abonnés). Des étudiants, cités par le quotidien, racontent ne pas pouvoir intégrer la licence car ils n'ont pas été tirés au sort.

Des frais illégaux 

Par ailleurs, quatorze universités pratiquent des "frais d'inscriptions illégaux" pour des "soutiens pédagogiques", des "services informatiques", des "polycopiés pour le suivi des cours"... Ainsi, à l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de Grenoble (Isère), des étudiants "sont contraints de payer jusqu'à 800 euros par an en plus des frais d'inscription" réglementaires.

C'est "le contenu des enseignements" qui est visé alors qu'"il devrait être compris dans les frais d'inscriptions réglementés nationalement" et qu'il relève des "missions de service public", insiste William Martinet, président de l'Unef. 

Il demande donc au ministre de l'Education nationale, Benoît Hamon, et à la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, de "faire respecter la loi et d'assumer leurs responsabilités" ou bien alors "l'Unef déposera des recours devant les tribunaux administratifs, contre les universités ou les rectorats".

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