Seine-Saint-Denis : la ville de Saint-Ouen devra scolariser les enfants Roms

William Delannoy, maire DVD de cette ville limitrophe de Paris, refusait de le faire prétextant l'ampleur des problèmes auxquels sa commune est déjà confrontée.

Capture d\'écran de Google Street View montrant la mairie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).
Capture d'écran de Google Street View montrant la mairie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). (GOOGLE STREETVIEW)

Le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) refusait de scolariser cinq enfants Roms dans les écoles de sa ville, ce qui constituait une infraction. La préfecture de Seine-Saint-Denis a indiqué, vendredi 23 septembre, avoir mis en demeure l'élu.

A réception de cette mise en demeure, signée vendredi par le préfet, la municipalité aura huit jours pour procéder à leur inscription en classe élémentaire ou primaire, a précisé la préfecture. "En cas de non réponse ou de refus, le préfet désignera par arrêté un délégué spécial chargé d'effectuer l'inscription", a-t-elle détaillé.

"Je ne peux plus digérer toute la misère du monde!"

Interrogé récemment sur le cas d'un enfant Rom de huit ans, non-scolarisé depuis mai, William Delannoy, maire DVD de cette ville limitrophe de Paris, avait justifié son refus par l'ampleur des problèmes auxquels sa commune est déjà confrontée. "J'ai hérité d'une ville surendettée, ce qui m'a obligé à augmenter les impôts de 45%, j'ai 70% de la population qui ne paie pas l'impôt sur le revenu, 4 500 demandeurs de logement social, des écoles surchargées: je ne peux plus digérer toute la misère du monde!", avait-il déclaré en demandant à l'Etat d'assumer ses responsabilités.

L'Aset 93 (Aide à la scolarisation des enfants tziganes), qui dispense des cours dans trois camions-école et accompagne individuellement les familles dans leurs démarches de scolarisation, avait saisi le Défenseur des droits au début de l'été sur le cas de cet enfant.