Rythmes scolaires : les méthodes des maires pour résister à la réforme

Plusieurs élus s'opposent à la réforme des rythmes scolaires, qui sera généralisée à toutes les écoles publiques mardi 2 septembre. 

Plusieurs maires, dont l\'édile de Saint-Médard-en-Forez (Loire), s\'opposent à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires.
Plusieurs maires, dont l'édile de Saint-Médard-en-Forez (Loire), s'opposent à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires. (PHOTO PH VACHER / MAXPPP)

La résistance s'organise. Plusieurs maires s'opposant à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires ont appelé au boycott de la demi-journée de cours supplémentaire, dès mercredi 3 septembre. Et les méthodes des édiles pour contester les nouveaux horaires des élèves sont variées, malgré le risque qu'ils encourent d'être condamnés à des amendes ou à des peines de prison.

Ils cadenassent les écoles

Premier recours proposé par le député-maire d'Yerres (Essonne), Nicolas Dupont-Aignan : acheter chaînes et cadenas pour barrer l'entrée des écoles mercredi matin. L'ex-candidat à la présidentielle avait déjà annoncé l'initiative d'une trentaine de maires de son département, le 26 août, rappelle le Le Nouvel Obs.

"Mercredi, nous irons manifester à Evry, la ville de Manuel Valls. Et le matin, nous serons des centaines de communes à cadenasser nos écoles pour conserver les horaires de l'an passé", a ajouté le président de Debout La République au JDD, dimanche 31 août.

Nicolas Dupont-Aignan, qui se veut "le porte-parole des maires accablés", dit ne pas avoir trouvé d'animateurs compétents pour les activités du mercredi après-midi. Je préfère désobéir provisoirement au ministre de l'Education nationale que de mettre en danger des enfants", a déclaré l'élu, selon le Le Nouvel Obs.

Ils retirent les poignées de portes

A Saint-Médard-en-Forez, village de 1000 habitants situé dans le département de la Loire, la maire, Evelyne Flacher, a quant à elle décidé d'enlever la poignée de la porte de l'école primaire tous les mardis soirs. "Chaque mardi soir, nous retirerons toutes les poignées des portes de l'école primaire, et nous ne les remettrons que le jeudi matin. Le mercredi, ce sera fermé", a expliqué l'édile à BFMTV.

Evelyne Flacher a été jusqu'à faire voter une délibération par le conseil municipal pour s'assurer que les élèves n'iront pas en cours le mercredi matin, rapporte Direct MatinL'initiative est soutenue par les parents et enseignants du village, exception faite de la directrice de l'établissement. En juillet, la maire avait déjà fait six jours de grève de la faim pour contester la réforme.

Ils assignent l'Etat en justice

Evelyne Flacher, la maire de Saint-Médard-En-Forez,  est prête à aller jusqu'à l'action en justice pour obtenir le droit d'ouvrir son école le samedi et non le mercredi. La menace de l'élue s'appuie sur un article de loi autorisant les édiles à modifier les horaires des écoles selon certaines circonstances locales, explique BFMTV. "Si mercredi prochain, les institutrices se présentent tout de même à l'école, j'en conclurai qu'elles ne respectent pas ma décision, et j'assignerai l'Etat devant le tribunal administratif. A la justice de trancher", a-t-elle expliqué à la chaîne.

Comme elle, plusieurs maires ont annoncé leur intention d'assigner l'Etat en justice. Christian Schoettl, maire de Janvry (Essonne), a déjà déposé un recours auprès du Conseil d'Etat le 25 février, rapporte Le Figaro. Il demande l'abrogation du décret du 24 janvier 2013 sur les rythmes scolaires, estimant que le texte s'oppose au principe de libre administration des communes et qu'il impose une dépense supplémentaire non compensée par l'Etat.

Ils appliquent la réforme, mais en retard

Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, s'est longtemps opposé à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Mais en décidant à la dernière minute de l'appliquer, il a réussi presque malgré lui à résister à la réforme de façon efficace. La municipalité de la deuxième ville de France s'y est prise trop tard pour embaucher le personnel nécessaire à l'encadrement des activités périscolaires du vendredi après-midi, rapporte Metronews

Résultat : les activités ne débuteront dans les 445 écoles maternelles et primaires de la ville qu'au fil des recrutements. La mairie espère remédier au problème d'ici la Toussaint ou le début de l'année 2015. Une quinzaine de parents, dont les enfants seront pour l'instant en week-end dès le vendredi midi, ont annoncé qu'ils déposeraient, lundi 1er septembre, une requête devant le tribunal administratif, selon RMC. Ils réclament l'organisation d'une garderie par la mairie le vendredi après-midi.