Contre la réforme du collège, des milliers de profs manifestent à Paris

Les manifestants étaient un peu de plus de 8 000 selon la police. Deux fois plus selon le Snes, principal syndicat du secondaire.

Des manifestants portent un cercueil symbolisant l\'enterrement de la réforme du collège, le 10 octobre 2015 à Paris.
Des manifestants portent un cercueil symbolisant l'enterrement de la réforme du collège, le 10 octobre 2015 à Paris. (CITIZENSIDE/YANN KORBI / AFP)

Des syndicalistes tout de noir vêtus portant un cercueil, des profs de latin arborant toge, couronne de lauriers et masques antiques... Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi 10 octobre après-midi à Paris contre la réforme du collège.

Pour cette manifestation nationale, ils étaient un peu de plus de 8 000 selon la police, deux fois plus selon le Snes, le principal syndicat du secondaire, à battre le pavé derrière une banderole réclamant l'"Abrogation de la réforme, un autre projet pour le collège".

La ministre veut appliquer la réforme dès la rentrée 2016

Dans le défilé, des pancartes affichaient les slogans "professeurs, pas fossoyeurs", "Najatas satanas" ou "on veut du blé pas des EPI", en référence aux enseignements pratiques interdisciplinaires décriés par les opposants. Quant aux enseignants de la langue allemande, inquiets pour leur discipline en raison de la suppression des classes bilangues, ils portaient sur eux les couleurs du drapeau allemand.

Des mesures pour améliorer l'égalité des chances

L'intersyndicale, qui souhaitait voir dès samedi la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, "pourra être reçue" dans les prochains jours, a affirmé le ministère. La réforme a réuni dès le printemps contre elle une coalition hétéroclite de syndicats, politiques de droite mais aussi de gauche, et intellectuels. Trois journées de grève en mai, juin et septembre ont été diversement suivies. Mais la ministre reste décidée à appliquer coûte que coûte la réforme à la rentrée 2016.

Parmi les points phares de la réforme figurent plus d'interdisciplinarité, avec des cours mêlant par exemple français et histoire, une autonomie accrue des établissements, une deuxième langue vivante dès la cinquième et un accompagnement personnalisé pour tous les élèves. Mais aussi la disparition d'une grande partie des classes bilangues, où deux langues étrangères sont enseignées dès la sixième, la fin des options latin-grec remplacées par des modules langues et culture de l'Antiquité... Autant de mesures destinées, selon le gouvernement, à améliorer l'égalité des chances, point faible du système français d'après les études internationales.