"C'est peut-être l'espoir que cette réforme du lycée soit remise en question" : à Paris, des parents d'élèves défilent avec les enseignants

Alors que les parents sont invités à rejoindre les cortèges contre "la politique éducative du gouvernement" à l'appel notamment de la FCPE, samedi, les parents d'élèves du lycée Charlemagne à Paris se mobilisent déjà.

Des enseignants et parents d\'élèves se mobilisent ensemble devant le lycée Charlemagne, à Paris, le 28 mars 2019.
Des enseignants et parents d'élèves se mobilisent ensemble devant le lycée Charlemagne, à Paris, le 28 mars 2019. (ALEXIS MOREL / FRANCEINFO)

Un peu partout en France, les enseignants sont appelés à se mobiliser, samedi 30 mars, contre "la politique éducative du gouvernement". Dans le premier degré, les syndicats s'opposent à la "loi pour une école de la confiance", tandis que dans le secondaire, c'est toujours la réforme du lycée qui suscite l'inquiétude. La nouveauté est que les parents sont invités à rejoindre les cortèges à l'appel notamment de la FCPE.

C'était déjà le cas cette semaine au lycée Charlemagne à Paris. Ce soir-là, une quinzaine de parents ont répondu à l'invitation des profs alors que ce n'est pas la première fois qu'une occupation nocturne contre la réforme du lycée est organisée dans cet établissement. Claire n'est pas encartée à une fédération, mais cette mère est inquiète. Sa fille scolarisée en seconde "est complètement perdue". Face aux différentes possibilités, "elle ne sait pas".

Je regrette une chose, quand les enfants étaient à l'extérieur, étaient déjà dehors avec les blocus en décembre, on aurait dû être avec eux.Claire
une parent d'élève
à franceinfo

Maintenant que l'échéance des choix approche, les questions se multiplient dans les familles. "Au début, je pense que beaucoup d'entre nous étaient dubitatif", estime Anne. Mais, la représentante FCPE explique ne pas savoir "ce qu'[ils] vont découvrir de semaine en semaine" : "En janvier, on découvre les programmes. On nous demande de choisir les spécialités alors que l'on n'avait pas les programmes. Là au conseil de classe du deuxième trimestre on découvre que l'association physique et math est quasiment obligatoire parce que le programme de physique ne serait pas faisable sans math."

Un soutien de poids pour les enseignants

Pourtant ce soir-là devant l'entrée du lycée situé dans le 4e arrondissement parisien, les enseignants restent tout de même majoritaires. Malgré cela, Cécile est ravie de voir ces premiers parents la rejoindre. Selon la prof d'anglais, "c'est important parce qu'un professeur ne compte pas et les parents compteront plus". L'arrivée des parents d'élèves, "c'est peut-être l'espoir que cette réforme soit remise en question", espère Cécile qui "se réunit depuis tellement longtemps".

L'enseignante explique que les profs n'ont "pas du tout eu à aller les chercher, ils sont naturellement venus". Leur présence est une force pour le mouvement : "Les parents on ne peut pas les museler. Ils représentent l'opinion publique, c'est donc notre chance. Ce n'est pas difficile, on n'a pas besoin de convaincre et de faire quoi que ce soit. Il suffit deux secondes de discuter avec eux et d'échanger pour se rendre compte forcement qu'elle n'est pas tenable cette réforme."

Samedi après-midi, profs et parents d'élèves de Charlemagne défileront donc ensemble dans le cortège parisien. Le cortège s'élancera à 14 heures de la place du Panthéon.

Reportage d'Alexis Morel
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