Les lycéens en terminale plébiscitent le bénévolat et s'éloignent de l'engagement politique

Cette enquête du Conseil national d’évaluation du système scolaire est le premier volet d'une recherche sur l’école et la citoyenneté. Elle démontre que les jeunes lycéens ont une confiance dans les institutions plus développée que leurs aînés, mais minorent leur capacité à être actif dans le système politique.

Selon une enquête du Conseil national d’évaluation du système scolaire, les lycéens en terminal plébiscitent l\'engagement bénévole et s\'éloignent de l\'engagement politique. Image d\'illustration.
Selon une enquête du Conseil national d’évaluation du système scolaire, les lycéens en terminal plébiscitent l'engagement bénévole et s'éloignent de l'engagement politique. Image d'illustration. (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

C'est une enquête inédite du Conseil national d’évaluation du système scolaire. Elle révèle que les élèves en terminale ont un fort engagement dans le bénévolat, mais beaucoup moins en politique. 44% des lycéens ont déclaré qu’ils sont engagés dans des associations humanitaires ou de défense de l’environnement, sous forme de bénévolat. Plus de deux tiers veulent à terme s’engager en signant des pétitions (71%), en boycottant des produits (58%) ou encore en manifestant (62%).

La jeunesse "veut s’engager dans des affaires associatives, dans la signature de pétitions, du boycott, donc c'est une jeunesse qui veut peser sur la vie de la cité", a expliqué Nathalie Mons, présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) à franceinfo, mais elle constate que les lycéens s'éloignent de l'engagement politique.  

Une jeunesse engagée dans le domaine associatif

Depuis une dizaine d’années, le nombre d’associations et de bénévoles en France chez les adultes est en hausse et cette étude permet de montrer que, dès l’âge du lycée, de nombreux élèves sont engagés dans des associations. Quand ils seront adultes, ils sont même 75% à déclarer qu’ils souhaitent être bénévoles dans une association, selon une autre étude de l’INJEP et du Crédoc en 2015.

On doit s’interroger sur les élèves issus de milieux défavorisés qui ont une forme de défiance vis-à-vis des institutions.Nathalie Mons
présidente du Cnesco
à franceinfo

En revanche, la vigilance est de mise sur certains publics scolaires qui ne veulent s’engager d’aucune façon, ni en votant, ni en participant à une association ou en signant une pétition. Près de 4% d’élèves refusent tout engagement futur. Un chiffre qui ne reflète pas la pleine réalité puisque l’enquête porte uniquement sur des élèves ayant atteint la terminale. C'est encore plus alarmant pour les élèves en lycée professionnel, 11% d'entre eux sont à distance de toute forme d’engagement. Les garçons s’excluent plus que les filles de toute participation citoyenne.

Plus étonnant, l’autre "public" qui ne s’engage pas, concerne les élèves qui déclarent d’excellents résultats scolaires et qui représentent 7% des élèves de l'enquête Cnesco. Ils sont au même niveau que les élèves qui ont de mauvais résultats scolaires concernant leur volonté de voter, ou de s’engager dans des associations, ou signer des pétitions. Pourtant cette "élite scolaire" est souvent "surreprésentée" parmi les déléguées de classe, mais ne s'investit pas autrement dans la vie publique, précise Nathalie Mons, présidente du Cnesco. Selon elle, ces élèves "n’envisagent pas d’engagements dans le futur peut-être parce qu’ils sont très préoccupés de leurs résultats scolaires".

Deux motifs de refus d'engagement

Les jeunes adultes ne s’engagent pas pour deux raisons : le manque de temps et parce qu’ils n’ont jamais rencontré l’opportunité d’un engagement. À travers le Service national universel, cela pourrait permettre aux jeunes de leur donner cette opportunité. "Pour que cela fonctionne, il faut que les élèves puissent faire des propositions d’engagements dans lesquels ils se sentent libres. Il ne faut pas être dans une démarche autoritaire", poursuit la directrice du Cnesco. 

Autre constat qui ressort de cette enquête : les jeunes lycéens ont une confiance dans les institutions plus développée que les aînés. En revanche, ils "minorent leur capacité à être actif" dans le système politique. Il n’y a qu’un tiers des élèves interrogés qui se sentent en capacité, d’intervenir dans le système démocratique alors qu'ils seront, pour la plupart, majeur l'année d'après. "Il faut plus de pédagogie active pour leur donner l’assurance qu’ils peuvent intervenir dans la vie publique", conseille Nathalie Mons.

Il s’agit de la publication du premier volet de cette enquête sur l’école et la citoyenneté, menée par le Cnesco. Elle porte uniquement sur des lycéens en terminal. 6 600 d’entre eux ont répondu à un questionnaire en ligne du 26 mars au 18 mai 2018.