La loi Recherche définitivement adoptée au Parlement, malgré une contestation ravivée

Le Sénat a donné l'ultime feu vert parlementaire par 244 voix contre 95. Opposés au texte, les groupes de gauche ont l'intention de saisir le Conseil constitutionnel.

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Vue de l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 6 octobre 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Face au risque de "décrochage" de la recherche française, le Parlement a définitivement adopté vendredi 20 novembre le projet de loi de programmation (LPR), "un investissement historique" selon le gouvernement, confronté à la défiance accrue de la communauté universitaire et scientifique.

Le Sénat a donné l'ultime feu vert parlementaire par 244 voix contre 95. Opposés au texte, les groupes de gauche ont l'intention de saisir le Conseil constitutionnel.

Hausse de 30% du budget

La ministre de la Recherche, Frédérique Vidal, a de nouveau loué "des moyens inédits", grâce à une hausse de 30% du budget entre 2021 et 2030, passant de 15 à 20 milliards d'euros par an.

Le gouvernement promet l'injection par paliers de "25 milliards" en dix ans, un calcul contesté par l'opposition, qui critique une durée de programmation "beaucoup trop longue", sans assurance sur les investissements futurs.

"La page de la dévitalisation de la recherche française est enfin tournée", a affirmé Frédérique Vidal, en insistant sur la revalorisation des carrières ou le rôle complémentaire du "plan de relance", pour débloquer des fonds rapidement.

Critiqué par la communauté universitaire

"Le choc budgétaire que le monde de la recherche est en droit d'attendre n'est pas là", a estimé de son côté la rapporteure LR Laure Darcos. Pour plus de garanties, les parlementaires ont inscrit dans le texte l'impact du plan de relance en faveur de l'Agence nationale de la recherche en 2021 et 2022, ainsi qu'une augmentation renforcée des financements de "base" des laboratoires, dès les premières années.

Ce projet de loi n'en reste pas moins vivement critiqué au sein de la communauté universitaire. Syndicats et chercheurs mobilisés fustigent une "réforme en trompe-l'œil", des financements concentrés sur une recherche "sélective", par "projets", et une "attaque" du statut de fonctionnaire en raison des nouvelles voies de recrutement de jeunes chercheurs.

Début 2020, le texte avait provoqué un important mouvement de protestation, stoppé par le confinement de mars. En sourdine, à cause de la crise sanitaire, la contestation s'est aiguisée ces dernières semaines à la faveur d'amendements controversés votés au Sénat, notamment celui minorant le rôle du Conseil national des universités (CNU) dans le recrutement des enseignants-chercheurs.

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