L'étrange rumeur sur la théorie du genre à l'école

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a assuré mardi que la théorie du genre n'était pas enseignée à l'école, contrairement à une rumeur qui s'est répandue, ces derniers jours, chez certains parents d'élèves. Une campagne initiée par des proches de l'extrême droite via des SMS et les réseaux sociaux invite à un boycott partiel de l'école.

(Maxime Jegat Maxppp)

"Demain,
tu seras une femme, mon fils
". C'est un des slogans utilisés par les
organisateurs du boycott partiel de l'école pour protester contre un
enseignement supposé de la théorie du genre à l'école. Des parents d'élèves ont
ainsi reçu des SMS ou pu lire des appels sur les réseaux sociaux, les invitants
à ne pas emmener leurs enfants à l'école, un jour par mois, pour montrer leur
mécontentement.

"Une rumeur totalement mensongère ", a réagi mardi le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon. A l'école, précise-t-il, on n'apprend pas "aux petits garçons à devenir des petites filles".

"ABCD de l'égalité" à l'origine du boycott

A l'origine de cette
rumeur, une expérimentation lancée dans dix académies depuis la rentrée : "ABCD
de l'égalité". Ce programme vise à lutter contre les stéréotypes
filles-garçons pour lutter contre les inégalités entre les sexes dès le plus
jeune âge. Il est testé cette année dans 600 classes primaires réparties dans 10 académies volontaires.

La campagne de Boycott a été lancée par Farida Belghoul qui invite donc à une "Journée de retrait de l'école". Enseignante, journaliste, écrivain et
cinéaste, elle compta parmi les "marcheurs" pour l'égalité de 1983.
Depuis l'an dernier, elle s'est rapprochée d'Alain Soral, essayiste d'extrême droite
un moment proche de Dieudonné. C'est depuis qu'elle s'est lancée dans cette
lutte contre un supposé enseignement de la théorie du genre à l'école. Elle
vient aussi d'initier "l'année de la robe", invitant les femmes à
ne porter que des robes et laisser le pantalon aux hommes.

Une rumeur dans toute la France

Résultat, aux quatre coins de France, dans la région de Strasbourg, dans l'Oise ou en Seine-et-Marne, de nombreux enseignants et directeurs d'école ont alerté leur hiérarchie.

Des parents d'élèves aussi se sont manifestés auprès des directeurs.