Partiels annulés à Nanterre : "C'est la responsabilité du gouvernement et des présidents d'université", estime Lilâ Le Bas, de l'Unef

Après l'annulation des partiels délocalisés à Arcueil pour les étudiants de Nanterre, vendredi, la présidente de l'Unef, Lilâ Le Bas, a estimé sur franceinfo que le gouvernement devait arrêter de "minimiser l'ampleur de la contestation".

Lilâ Le Bas, la présidente de l\'Unef, dans le studio de franceinfo.
Lilâ Le Bas, la présidente de l'Unef, dans le studio de franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Une centaine d'opposants à la réforme de l'université ont empêché, vendredi 11 mai, des étudiants de Nanterre (Hauts-de-Seine) de passer leurs partiels qui avaient été délocalisés à Arcueil (Val-de-Marne) en raison de la paralysie de leur faculté. L'université de Nanterre a annoncé le report des partiels qui étaient prévus vendredi et samedi à la Maison des examens d'Arcueil, tout en "condamnant" et en "déplorant" l'action des bloqueurs. Pour la présidente de l'Unef, Lilâ Le Bas, invitée de franceinfo vendredi, "c'est la responsabilité du gouvernement et des présidents d'université (…) si des étudiants sont empêchés de passer des examens", alors que l'Unef a fait "des propositions pour que cette situation-là n'arrive pas", indique-t-elle. Le gouvernement doit arrêter de "minimiser l'ampleur de la contestation", affirme encore Lilâ Le Bas.

franceinfo : Cette annulation des partiels est-elle une victoire ?

Lilâ Le Bas : Je ne sais pas si c'est une victoire. Quand des étudiants se déplacent pour passer leurs examens et qu'ils ne peuvent pas le faire, c'est toujours handicapant. Par contre, aujourd'hui, la présidente de l'université de Nanterre écoute enfin les revendications des étudiants sur l'organisation des examens. Les élus de l'Unef ont fait des propositions pour que cette situation-là n'arrive pas. Quand on envoie les forces de l'ordre pour organiser les examens, évidemment que cela ne peut pas se dérouler dans de bonnes conditions.

Le report des examens pèse-t-il sur les choix du gouvernement ?

C'est sa responsabilité si des étudiants sont empêchés de passer des examens. Le gouvernement ferait bien d'écouter les étudiants et leurs revendications et d'arrêter sans arrêt de les caricaturer, de minimiser l'ampleur de la contestation et de la mobilisation. Quand on a plus de la moitié des universités qui ont été touchées par des actions de blocage et de mobilisation, quand on a plusieurs milliers de jeunes qui se réunissent en assemblées générales depuis plusieurs mois, je pense que le ministère doit écouter nos revendications. C'est la responsabilité du gouvernement et des présidents d'université qui ne prennent pas les mesures. [Il ne faut pas] de sélection à la rentrée universitaire prochaine. C'est cela qui crée de la vraie violence chez les étudiants.

Le choix du blocage est-il le plus efficace selon vous ?

C'est un outil parmi tant d'autres. Il a été décidé, [dans les] assemblées générales, de bloquer les universités pour pouvoir se faire entendre. Médiatiquement, on a réussi à se faire entendre uniquement à partir du moment où les universités ont été bloquées, alors même que les jeunes se mobilisent depuis des mois pour poser leurs revendications. Il y aura des manifestations le 16 et le 22 mai. Dans les semaines qui viennent, les étudiants vont continuer à se faire entendre et venir en aide à l'ensemble des futurs étudiants qui seraient en difficulté avec la mise en place de Parcoursup.