33 universités sélectionnent leurs étudiants, selon l'Unef

Dans son bilan annuel, le syndicat étudiant Unef pointe 33 universités qui pratiquent la sélection à l'entrée - ce qui est illégal. Et 14 universités qui imposent des frais supplémentaires d'inscription - ce qui est également illégal. Selon l'Unef, ces pratiques sont la conséquence de la situation financière particulièrement difficile dans l'enseignement supérieur.

(42 universités sont hors-la-loi, selon l'Unef © REUTERS/Susana Vera)

Toujours dans l'illégalité, les universités françaises ? C'est ce que semble dire l'Unef. Le principal syndicat étudiant publie son dossier annuel sur "les pratiques illégales des établissements d'enseignement supérieur publics". Où il apparaît que 42 établissements sont toujours hors-la-loi.

Dans le détail, 33 universités sélectionnent leurs étudiants à l'entrée de la licence et du master. En parfaite contradiction avec la loi, qui stipule que l'accès en premier et en second cycle universitaire est libre. 33 universités ; elles étaient 27 lors du pointage de l'Unef en 2013.

14 universités font toujours payer des frais supplémentaires illégaux

Dans les licences spécialisées, les universités affirment que des "prérequis" sont "indispensables" comme pour certains diplômes d'ingénieur ou de langue, alors qu'une université doit faire progresser l'étudiant "à partir des connaissances attestées par le baccalauréat" . Parmi les universités épinglées figurent Paris-5 (pour sa licence en droit), l'université d'Avignon ("Info Com"), Paris-4 (Arabe), Bordeaux-3 (musicologie), Paris-7 (Sciences de la vie). Par ailleurs, 14 universités font toujours payer des frais supplémentaires illégaux - elles étaient 24 l'an dernier, 30 il y a deux ans, selon l'Unef. Cela s'appelle "soutien pédagogique", "services informatiques", "polycopiés pour le suivi des cours". A l'Institut d'administration des entreprises de Grenoble, les étudiants doivent ainsi payer jusqu'à 800 euros de plus par an. Le syndicat étudiant se félicite tout de même de son action, qui a permis d'endiguer la surenchère financière.

L'UNef réclame 1,6 milliard d'euros

L'Unef estime que ces mauvaises pratiques sont dues à la situation financière particulièrement difficile dans l'enseignement supérieur. "Le gouvernement annonce un budget en stagnation pour les trois prochaines années, alros que les dépenses des établissements augmentent mécaniquement" .

Du coup, le président de l'Unef, William Martinet, demande formellement au gouvernement un plan d'investissement d'1,6 milliard d'euros d'ici la fin du quinquennat, qui correspond "à l'augmentation mécanique des dépenses que la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur a elle-même annoncée" .

Quant aux pratiques illégales, elles ne resteront pas sans effet. "L'Unef déposera des recours devant les tribunaux administratifs, contre les universités ou les rectorats" .