Vidéo Sept idées reçues sur l'interruption volontaire de grossesse

Publié
BRUT
Article rédigé par

Ça ne concerne que les femmes qui ne prennent pas de contraception, ça n'en concerne pas beaucoup... Sept idées reçues démontées par une sage-femme.

Chaque année, plus de 220 000 IVG sont réalisées en France. Pourtant, encore beaucoup d'idées reçues ont la peau dure à ce sujet. En voici un florilège démonté par Charline, sage-femme.

Ça ne concernerait pas beaucoup de femmes

Charline : Les chiffres montrent qu'une femme sur trois aura recours, au moins une fois dans sa vie, à une interruption volontaire de grossesse. Donc, effectivement, ça touche beaucoup de monde. 

Ça ne concernerait que les très jeunes femmes

Charline : On a toujours cette image de la jeune adolescente, mais en réalité, ça peut toucher n'importe quelle personne en âge de procréer. On peut également être un couple avec des enfants et ne pas vouloir une autre grossesse. Aujourd'hui, la tranche d'âge qui est la plus concernée par l'avortement, c'est les 20-30 ans. Et ensuite, la deuxième tranche d'âge, c'est les 30-35 ans. Il n'y a vraiment pas d'étiquette à mettre, ça peut concerner tout le monde et tous les milieux sociaux. 

Ça ne concernerait que les femmes qui n'ont pas de contraception

Charline : Les chiffres montrent que trois quart des avortements sont réalisés chez des femmes qui prenaient une contraception. Je sais que ce chiffre peut faire peur, mais c'est important de rappeler qu'aucune contraception n'est fiable à 100 %. Ce n'est pas forcément que des oublis de pilule. Ça arrive également sous stérilet, sous implant. Avec les médicaments et avec les techniques les plus élaborées de contraception, il arrive malgré tout qu'il y ait des choses qu'on n'arrive pas à expliquer.

Ce serait dangereux et compliqué à réaliser

Charline : L'IVG, c'est vraiment un acte qui est réglementé, qui est sécurisé, et c'est finalement quand on a dépénalisé l'IVG, donc en 1975 avec la loi Veil, qu'on a rendu l'IVG sécuritaire. Alors, évidemment, dans tout acte médical, comme dans tout médicament, il y a toujours un risque, mais, clairement, l'IVG, aujourd'hui, quand on parle de cet acte, on ne parle pas de risques importants. 

Ça augmenterait les risques d'être stérile

Charline : L'IVG n'est pas du tout une cause de stérilité. On peut même avoir une nouvelle grossesse le mois qui suit donc, non, vraiment, l'IVG ne rend pas stérile.

Ce serait simple de recourir à une IVG en France

Charline : L'accès aux soins est simple, mais en réalité, il y a beaucoup de disparités selon les régions et donc même la personne la plus consciencieuse possible, qui vraiment découvre sa grossesse assez tôt, fait les démarches, eh bien si elle doit se déplacer, peut-être même mettre un arrêt de travail pour pouvoir obtenir son interruption volontaire de grossesse, eh bien en réalité ce sont toutes des démarches qui vont allonger le délai de l'ivg, et ce n'est pas un manque de sérieux de sa part, ce n'est pas un manque de volonté. 

Ce serait forcément traumatisant

Charline : L'avortement n'est pas forcément traumatisant. Pour beaucoup, c'est vécu comme un soulagement. Ça peut, effectivement, également être très mal vécu. Parfois, c'est l'avortement en lui-même, vraiment le fait d'avoir avorté, parfois c'est la manière dont ça s'est passé ou les personnes qu'on a rencontrées. Il n'y a pas de déterminisme, on ne peut pas forcément le savoir d'avance et, surtout, c'est très individuel.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.