La ministre du Travail veut supprimer l'écart de salaire entre femmes et hommes à travail égal d'ici 2022

Muriel Penicaud explique vouloir réunir les partenaires sociaux pour élaborer "un plan d'action".

La ministre du Travail Muriel Pénicaud à la sortie du Conseil des ministres à l\'Elysée, le 12 janvier 2018.
La ministre du Travail Muriel Pénicaud à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 12 janvier 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Une femme gagnant moins que son collègue masculin au même poste : cette situation fera-t-elle partie du passé à la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron ? C'est l'objectif annoncé par la ministre du Travail Muriel Pénicaud dans une interview au JDD, dimanche 21 janvier. Elle explique vouloir réunir les partenaires sociaux pour "élaborer un plan d'action" contre les inégalités salariales.

"Les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes à poste équivalent", explique la ministre, "et 25 % en moyenne de moins (...) tous postes confondus, c'est inadmissible". Rappelant que "l'égalité entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel et la loi Roudy sur l'égalité a 35 ans".

Un écart de 9% qui "aurait déjà dû disparaître"

Muriel Pénicaud fait la distinction entre les deux chiffres. Pour elle, l'écart moyen de 25% entre les salaires des gommes et des femmes tous postes confondus est en partie lié aux "retards culturels", notamment "la persistance de clichés sexistes dès l'enfance". Elle pense qu'il peut disparaître, mais "sur le long terme, en prenant le mal à la racine".

En revanche, "l'écart de 9 % qui demeure à travail égal aurait déjà dû disparaître", insiste la ministre du Travail, citant l'exemple "inacceptable" d'une "jeune diplômée de HEC" engagée avec "un salaire inférieur à celui d'un garçon" au cursus similaire. "Notre ambition (...) est de supprimer cette différence de 9 % pour toutes les femmes pendant le quinquennat", assure-t-elle.

Pour y remédier, Muriel Pénicaud écarte l'idée d'une nouvelle loi, mais donne des pistes. Elle souhaite que les indicateurs permettant de comparer la situation des hommes et des femmes dans les entreprises soient perfectionnés, avec "plus de transparence". Elle évoque également "des programmes de rattrapage salarial étalés sur plusieurs années" en cas d'"écarts démesurés" dans les entreprises.