"Dégradante", "choquante" : la nouvelle campagne de Saint Laurent provoque un tollé

Une cinquantaine de plaintes ont été déposées auprès de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité. En cause, des mannequins extrêmement maigres, dans des positions particulièrement suggestives.

L\'une des affiches montre une femme en bas résille, jambes écartées face à l\'objectif du photographe.
L'une des affiches montre une femme en bas résille, jambes écartées face à l'objectif du photographe. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Qualifiées de "dégradante" et de "choquante" pour l'image de la femme, plusieurs images de la nouvelle campagne de la maison de haute-couture Yves Saint Laurent ont suscité un tollé et enflammé les réseaux sociaux et notamment Twitter. Le site de micro-blogging aura été le plus réactif, avec un hashtag #YSLRetireTaPubDegradante.

On a connu fin de fashion-week plus enthousiasmante, surtout à 24 heures de la journée du droit des femmes : une cinquantaine de plaintes ont été déposées auprès de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité après la diffusion de la nouvelle campagne de publicité. En cause, des jeunes mannequins extrêmement maigres, dans des positions particulièrement suggestives. Dans le détail, il s'agit de deux affiches, de celles que l'on appelle les "quatre par trois". Sur la première, une mannequin en talons et collants résille est photographiée jambes écartées, (très) vaguement façon Origine du monde, de Gustave Courbet. Sur la seconde, une femme penchée sur un tabouret, toujours jambes écartées. Sur l'une comme l'autre, la jeune femme semble totalement offerte.

Une demande de retrait 

Invitée de franceinfo, mardi, l'actrice Eva Darlan s'est insurgée contre cette campagne qui, pour elle est une "invitation au viol". "Ces affiches-là peuvent créer des Jacqueline Sauvage" a expliqué la comédienne qui demande le retrait des affiches de la marque de luxe. Sans quoi, elle, dit-elle "on ira les dégrader avec des bombes de peinture." 

Devant le tollé, l'Arcep a déjà demandé à la marque et à l'afficheur de modifier ces images. Vendredi 10 mars, l'organisme examinera en détail la campagne pour statuer. 

YSL déjà épinglé deux fois au Royaume-Uni

Pour Osez le féminisme, la campagne a tout d'une publicité sexiste : hyper sexualisation, femme réduite à un objet, position de soumission. C'est sans compter l'extrême maigreur de la jeune femme : ce type d'image est réputé pour toucher particulièrement les adolescentes. Une loi fixe d'ailleurs un indice plancher de masse corporelle des mannequins pour éviter ce culte dangereux de la maigreur. Saint Laurent semble s'entêter à refuser de s'y soumettre  : la marque a déjà été épinglée il y a deux ans au Royaume-Uni pour les mêmes motifs.