De plus en plus de Français victimes d'usurpation d'identité

Selon un sondage, 8% des Français déclarent avoir été victimes d'usurpation d'identité au cours des dix dernières années.

Quelque 35% des personnes interrogées jettent ou conservent sans protection leur carte d\'identité lorsqu\'ils n\'en ont plus l\'utilité, selon un sondage CSA publié le 10 octobre 2012.
Quelque 35% des personnes interrogées jettent ou conservent sans protection leur carte d'identité lorsqu'ils n'en ont plus l'utilité, selon un sondage CSA publié le 10 octobre 2012. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

SOCIETE – Le nombre de Français se disant victimes d'usurpation d'identité a doublé en l'espace de trois ans. Huit pour cent des Français, soit 400 000 personnes, déclarent avoir été victimes d'une telle fraude au cours des dix dernières années, alors qu'ils n'étaient que 4% en 2009, selon un sondage CSA publié mercredi 10 octobre.

Selon ce sondage, une très grande majorité des Français (75%) disent avoir fourni une copie papier de données personnelles (relevé d'identité bancaire, de téléphone ou d'électricité…) pour louer un appartement ou souscrire un abonnement. Mais ils sont nombreux à ne pas détruire systématiquement ces documents : 39% jettent ou conservent sans protection les relevés d'identité bancaire, 35% font de même avec leur carte nationale d'identité lorsqu'ils n'en ont plus l'utilité, et 54% avec leurs factures d'électricité et de téléphone.

L'usurpation en passe de dépasser les cambriolages

Enfin, 40% des Français interrogés ignorent l'existence du marché noir des papiers d'identité et notamment celle du "pack identitaire", apparu récemment sur le marché clandestin. Ce "pack" regroupe plusieurs documents d'identité, en copie ou en originaux, et leurs corollaires administratifs. Il permet d'usurper des identités avec des documents concordants et d'obtenir des délivrances indues auprès des administrations.

Selon le criminologue Christophe Naudin, spécialiste de criminalité identitaire, cette forme de délinquance est en passe de devenir la deuxième infraction en France devant les cambriolages (333 338 en 2011) et derrière le vol de véhicule (552 125 en 2011). Paradoxalement, 34% des personnes interrogées estiment que le risque d'usurpation d'identité est "peu élevé ou totalement nul", 45% qu'il est "assez élevé" et 18% qu'il est "très élevé".

 

Ce sondage CSA, pour le compte de la société d'accessoires de bureau Fellowes, a été réalisé les 29 et 30 août par téléphone auprès d'un échantillon de 1 050 personnes âgées de 15 ans et plus.