Chaque année, 300.000 élèves quittent l'école primaire avec de fortes lacunes, selon un rapport de l'Institut Montaigne

25% des enfants "décrocheraient" ainsi avant l'âge de 10 ans.Par ailleurs, l'école primaire contribuerait à creuser les inégalités sociales, affirme l'institut Montaigne, un cercle de réflexion privé ("think tank") considéré comme libéral, cité mardi par Le Parisien. La situatiion se dégraderait depuis une quinzaine d'années.

Devant une école primaire à Paris
Devant une école primaire à Paris (AFP - FRANCK FIFE)

25% des enfants "décrocheraient" ainsi avant l'âge de 10 ans.

Par ailleurs, l'école primaire contribuerait à creuser les inégalités sociales, affirme l'institut Montaigne, un cercle de réflexion privé ("think tank") considéré comme libéral, cité mardi par Le Parisien. La situatiion se dégraderait depuis une quinzaine d'années.

"L'écart moyen entre fils et filles de cadres et d'ouvriers augmente entre le CE2 et la 6e", écrit le rapport. Lequel s'efforce de pointer tous les problèmes auxquels sont confrontés les enfants jusqu'à 10-11 ans.

Citant une étude de l'Education nationale, l'institut Montaigne explique que 15% des élèves arrivent en 6e sans savoir lire correctement. Dans le même temps, ceux-ci auraient des difficultés en maths: ils seraient classés 17e sur un échantillon de 30 pays industrialisés. Par ailleurs, en 20 ans (1987-2007), le nombre de fautes faites par des élèves de CM2 pour la même dictée est passé de 10,7 à 14, selon le document.

Comment expliquer une telle situation ? Le rapport pointe plusieurs raisons.

A ses yeux, la journée scolaire est trop longue, avec une semaine ramenée à quatre jours de cours. Dans le même temps, les enfants ont 140 jours de classe par an, soit 36 semaines, contre 210 au Japon, 200 en Italie et 190 Outre-Manche. Autre reproche: le fait qu'on ne sache pas vraiment qui gouverne la maison "école". Le directeur n'est "ni franchement un pair, ni franchement un supérieur", observe le rapport. De plus, les enseignants seraient souvent laissés seuls, livrés à eux-mêmes.

L'Institut Montaigne constate également que les professeurs des écoles (anciens instituteurs) ont le sentiment d'être déclassés. "Le métier d'instituteur est moins valorisé que naguère", explique-t-il. Alors que les programmes seraient "dilués". "Pas simple pour un professeur de se focaliser sur les bases - apprendre à compter, à lire, à écrire - quand il doit, en plus, initier ses élèves à de nouveaux champs de connaissance": langue étrangère, informatique, sécurité routière...

Parmi d'autres propositions, l'institut Montaigne propose notamment de "doter" le directeur "d'un vrai pouvoir". Il propose aussi de réduire les vacances d'été de deux semaines pour aider les enfants qui "héritent de journées de fous", selon le directeur général de l'institut, François Rachline, professeur à Sciences Po Paris.

Qu'est-ce que l'institut Montaigne
Sur son site internet, l'institut se définit comme "un think tank (laboratoire d'idées)" à l'anglo-saxonne et se dit "dépourvu de toute attache partisane, syndicale ou confessionnelle". "A partir des analyses de ses groupes de travail et des travaux de ses chercheurs, il élabore en toute indépendance des propositions concrètes principalement destinées aux pouvoirs publics", poursuit-il.

L'organisation a été fondée en 2000 par Claude Bebéar, président d'honneur du groupe d'assurances Axa, connu pour ses idées libérales. Elle "réunit des chefs d'entreprise, des hauts fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile issus des horizons et des expériences les plus divers", selon son site. Parmi eux : Henri Lachmann, président de Schneider Electric, l'économiste Nicolas Baverez (considéré comme ultra-libéral); l'universitaire Guy Carcassonne (ancien collaborateur du socialiste Michel Rocard).