Assurances obsèques : "60 millions de consommateurs" dénonce des "placements ruineux"

Le magazine a passé au crible une dizaine de contrats d'assurances obsèques. Résultat : les cotisations dépassent largement la prime reçue. 

\"60 millions de consommateurs\" dénonce les placements ruineux des contrats d\'assurances obsèques dans son hors-série du 5 septembre 2019. 
"60 millions de consommateurs" dénonce les placements ruineux des contrats d'assurances obsèques dans son hors-série du 5 septembre 2019.  (BERNARD VAN BERG / EYEEM / GETTY IMAGES)

Le magazine 60 millions de consommateurs dénonce les "placements ruineux" que constituent les contrats d'assurances obsèques souscrits afin d'obtenir un capital pour financer ses funérailles, dans son hors-série du jeudi 5 septembre. Pour éviter à leurs proches d'assumer ce coût, de plus en plus de Français souscrivent des contrats de ce type, rappelle le mensuel. 

La rédaction a passé au crible onze contrats d'assurances vendus par les principaux acteurs du marché. Quel que soit le montant des versements, c'est le capital choisi à la signature du contrat qui est versé après la mort du souscripteur. Résultat : les cotisations dépassent largement la prime reçue. En moyenne, un souscripteur de 62 ans verse ainsi 5 385 euros sur vingt ans pour récolter à peine plus de 4 000 euros.

Plus on vit longtemps, plus on a de risques de cotiser à fonds perdus."60 millions de consommateurs"

Le magazine pointe également des "frais de gestion très gonflés" et des délais de versement qui peuvent parfois atteindre un mois, après réception de multiples pièces justificatives. "Ce sont parfois des personnes pas forcément riches qui font ça pour éviter à leurs familles d'avancer les frais, mais en réalité, la famille doit les avancer car elle doit d'abord présenter une liste de justificatifs longue comme le bras", s'indigne Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe du hors-série. 

Des devis de pompes funèbres opaques

Ce numéro, largement consacré au "business de la mort", épingle aussi le manque d’éthique autour des crémations. Les matériaux précieux issus des prothèses, dents ou stérilets qui ne brûlent pas sont par exemple collectés par des entreprises de recyclage puis revendus à diverses entreprises pour être réutilisés. Deux sociétés, la française EMC et surtout le néerlandais OrthoMetals, se partagent ce business.

EMC évalue à entre 500 000 et 700 000 euros les 10 à 12 tonnes de métaux récupérés chaque année, sur laquelle l'entreprise prélève 20% avant de rétrocéder le reste aux crématoriums, qui peuvent utiliser la somme comme bon leur semble.

Les pompes funèbres entrent elles aussi dans le collimateur de 60 millions de consommateurs, cette fois pour l'opacité de certains devis. De nombreuses prestations non obligatoires sont en effet présentées comme "courantes", poussant ainsi les familles à y souscrire. En réalité, les prestations obligatoires pour une inhumation sont minimes : un véhicule agréé pour le transport du corps, un cercueil de 22 millimètres d'épaisseur avec une garniture étanche et quatre poignées, ainsi que les opérations nécessaires pour l'enterrement.