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Après la crise, l'union princière devrait redonner un coup de fouet aux finances de la principauté

"Vivez, vous aussi, comme un invité privilégié", proposent les dépliants de la direction du Tourisme, en déclinant les offres pour ces deux jours de noces : champagne chez les commerçants, "tarif spécial" (50 euros) pour un vol en hélicoptère, essai gratuit d'une voiture de course...
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Les objets ont été approuvés par le couple princier. (AFP/Sébastien Nogier)

"Vivez, vous aussi, comme un invité privilégié", proposent les dépliants de la direction du Tourisme, en déclinant les offres pour ces deux jours de noces : champagne chez les commerçants, "tarif spécial" (50 euros) pour un vol en hélicoptère, essai gratuit d'une voiture de course...

L'enclave de 35.000 habitants espère 200.000 visiteurs, autant que pour le Grand Prix de formule 1. D'abord des Français et des Italiens de la région. Pour cette petite foule, les parkings seront gratuits, les trains plus nombreux. Au programme, en plus de la et du cortège des mariés, un , un feu d'artifice, la plupart des musées gratuits.

Les affres de la crise
Le budget total reste inconnu. Le Conseil national (parlement) a voté une dotation de 4 millions d'euros mais celle du Palais n'a pas été révélée. Pas plus de détails sur les partenariats avec des marques de luxe. "Mon objectif c'est d'attirer (les visiteurs) le plus tôt possible", explique en attendant le directeur du Tourisme, Michel Bouquier. Affectée par la crise, l'activité touristique, et d'abord le tourisme d'affaires, a reculé de 9% en 2009, avant une reprise de 6% en 2010.

Début juin, la Société des bains de mer (SBM), première entreprise monégasque et détentrice du monopole des jeux, a annoncé pour 2010-2011 une perte nette de 17,3 millions d'euros, due à une forte baisse des recettes des casinos. Raisons invoquées : la crise qui touche "la clientèle de proximité", en l'occurrence italienne mais aussi un changement d'habitudes des gros joueurs, devenus, semble-t-il, plus raisonnables.

Directeur général de la SBM, Bernard Lambert attend beaucoup du mariage, avec des retombées déjà visibles via le nombre accru d'escales de croisiéristes, relève-t-il : "l'adrénaline est en train de monter". Les hôtels sont quasiment complets (2.700 chambres, 90% en quatre étoiles).

Produits dérivés

Les commerçants ont le sourire. En un mois, le magasin "Souvenirs Shop", place du Palais, a écoulé 1.000 mugs officiels. "Ca s'est très bien vendu. Surtout les mugs et les éventails (15 euros) et le porte-clés qui est à 25 euros mais il est très chic", commente la gérante, Fabienne Thouant.

"La préoccupation n'est pas tellement économique. Le mariage n'est pas un business. Mais évidemment, plus il y aura de produits achetés, mieux cela sera", relevait récemment le ministre d'État (chef du gouvernement) Michel Roger. Les objets ont été approuvés par le couple princier, qui a opté pour du blanc avec initiales couleur or.

Une question d'image

Le palais n'en tire aucun revenu, mais maîtrise l'image, explique-t-on à la société chargée du choix des produits dérivés. Car ce mariage, retransmis par des dizaines de télévisions et qui va drainer les médias de 25 pays (dont 30% de photographes) est un formidable coup de projecteur. "Même si ce n'est pas sa finalité première", c'est l'occasion de parler de Monaco différemment, insiste le prince.

Touché par un recul des investissements après la crise, concurrencé par d'autres territoires dans la lutte pour les grandes fortunes, le petit État veut aussi parler de ses industries et de son offre culturelle. "Il faut que la principauté progresse", dit M. Bouquier. "Monaco doit s'agrandir, transmettre des messages stimulants, pour attirer les grandes fortunes, les talents. Il faut être sous le feu des projecteurs en permanence". "Le mariage va renforcer cet élan qui est tant nécessaire à Monaco ", estime-t-il, évoquant un précédent, le tournant du .

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