Une chercheuse refuse une Légion d'honneur décernée par Cécile Duflot

Spécialiste des cancers professionnels, Annie Thébaud-Mony déplore l'impunité qui protège les responsables de "crimes industriels".

La chercheuse Annie Thébaud-Mony, directrice de l\'Inserm, le 6 mars 2011 à Ahmedabad (Inde).
La chercheuse Annie Thébaud-Mony, directrice de l'Inserm, le 6 mars 2011 à Ahmedabad (Inde). (SAM PANTHAKY / AFP)

Elle dénonce l'"indifférence" qui touche la santé au travail. Une chercheuse spécialiste des cancers professionnels a décidé de refuser la Légion d'honneur qui lui avait été décernée par la ministre du Logement, Cécile Duflot.

Dans une lettre adressée à la ministre, rendue publique samedi 4 août, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l'Inserm, demande à la ministre d'intervenir pour "la remise en cause de l'impunité qui, jusqu'à ce jour, protège les responsables de crimes industriels", déplorant que la crise économique occulte la santé des travailleurs et les questions environnementales.

"Vraies fausses controverses sur les faibles doses"

"Je ne fais pas ce geste contre Mme Duflot", précise-t-elle, alors que le choix personnalités décorées par la ministre a fait polémique au cours des derniers jours. "Ma démarche se veut un appel à la mobilisation citoyenne, mais aussi parlementaire et gouvernementale, pour le respect des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité", écrit la présidente de l'association Henri-Pézerat (santé, travail, environnement)  en accompagnement de sa lettre à la ministre datée du 31 juillet.

"Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail (...), le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l'accumulation des impasses environnementales, en matière d'amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques... Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d'autrui, y compris en matière pénale", dit-elle dans sa lettre à Cécile Duflot.