Un ver marin breton au secours de la médecine ?

Un biologiste breton a découvert que le ver Arenicola, qu'on voit sur les plages bretonnes, peut être un substitut sanguin universel. Il pourrait remplacer le sang ou assurer une meilleure conservation des organes avant transplantation. Il pourrait sauver des millions de vie.

(Franck Zal, docteur en biologie marine et PDG-fondateur d'Hémarina © Mikaël Roparz / RF)

Franck Zal est docteur en biologie marine. C'est sur le sable qu'un jour, il s'est intéressé à un ver marin qui colonise les plages de Bretagne. Cet organisme marin vous l'avez déjà vu l'été quand vous mettez votre serviette sur la plage. Il fait des petits tortillons sur l'estran quand la mer s'est retirée. Ce ver c'est l’Arenicola marina. Il est très connu des pêcheurs puisqu'il constitue un appât de choix pour les poissons.

C'est en étudiant le système de respiration de ce ver marin que le docteur Zal à découvert, presque par hasard, un substitut sanguin universel. Pour lui, cette découverte est cruciale pour la médecine. Grâce à cet organisme marin, on pourrait bien remplacer le sang ou assurer une meilleure conservation des organes avant transplantation.

Et si un ver marin pouvait aider la médecine ? Des essais cliniques vont bientôt démarrer, Mikaël Roparz
--'--
--'--

L'US Navy intéressée

Ce ver prodige pourrait bien sauver des millions de vie. Aujourd'hui en France, on manque de sang. "Il faut plus de 8.000 dons par jour pour satisfaire les besoins de la population ", explique le docteur Zal, PDG et fondateur d'Hémarina, entreprise bretonne basée à Morlaix.

Avec cette molécule d'origine marine issue de ce ver marin "on pourrait en faire différents produits thérapeutiques : des substituts sanguins, des solutions pour préserver des greffons , même des pansements pour soigner les personnes atteintes de diabète ", raconte le biologiste marin. L’oxygène de ce ver marin pourrait ainsi être utilisé lors des greffes, car il aurait la capacité de réduire les risques de rejet.

Des essais cliniques vont être réalisés sur soixante patients en transplantation rénale dans les prochaines semaines. Le chercheur breton est aussi en contact avec l'US Navy. L'US Navy est intéressée par un produit qui pourrait être utilisé par les militaire en cas d'oedème cérébral.