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Les intérimaires coûtent-ils trop cher à l'hôpital public ?

Un rapport du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers met en lumière la surutilisation des remplaçants, intérimaires, dans les hôpitaux publics. La pénurie de médecins oblige certains établissements à employer environ 25% d'intérimaires, parfois même jusqu'à un médecin sur deux. Or ceux-ci sont payés bien plus cher que les praticiens titulaires.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (Maxppp)

On les surnomme "les
mercenaires de l'hôpital
". Statutairement, ils sont intérimaires, et
assurent des remplacements au sein des hôpitaux publics. Et ils représentent en
moyenne un quart du personnel présent dans les hôpitaux, selon une étude du
Centre national de gestion des praticiens hospitaliers.

Une mission d'étude va être
menée sur ces dérives, à la demande du député PS de l'Isère et  neurologue Olivier Véran. Car ces remplaçants
sont payés à prix d'or : en Midi-Pyrénées par exemple, 14 millions d'euros sont
affectés chaque année au paiement de ces médecins intérimaires, pour la
vingtaine d'hôpitaux de la région. Les rémunérations des remplçants s'élèvent
parfois jusqu'à 1.500 euros par jour. "Cela crée également des
disparités en termes de rémunération avec les praticiens titulaires, car les remplaçants
sont payés en fonction des spécialités, des jours où ils viennent
", explique
le directeur de l'hôpital de Montauban, Joachim Bixquert.

"Ils ne se sentent
pas concernés
"

Autre problème :
contrairement aux titulaires, les médecins remplaçants ne sont pas tenus de
participer à la vie de l'établissement médical dans lequel ils exercent. "Ils
n'ont aucune des contraintes qui nous sont données par le fait qu'un praticien
doit s'investir dans la vie de l'hôpital public
", explique Patrick
Pelloux, médecin urgentiste à l'hôpital Necker de Paris. Résultat : "ils
ne se sentent pas concernés par la vie institutionnelle
", ajoute Joachim
Bixquert.

Cet intérim est
arrivé en masse, il est très bien payé
", argumente Patrick Pelloux.
"Je crois qu'on a cassé, avec ce système, la dynamique et l'ambiance qu'il
y avait à l'intérieur du monde hospitalier public
". Et d'ajouter :
"Bientôt, tous les médecins vont aller bosser dans des boîtes d'intérim !
C'est totalement n'importe quoi, et ça démotive les médecins
hospitaliers
".

Plusieurs régions, et
notamment la région Midi-Pyrénées, ont lancé un appel d'offre groupé aux
agences d'intérim médical. Mais des coûts trop élevés n'ont pas permis d'aller
plus loin. 

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