Les femmes pourraient avoir des ovules illimités

Une étude américaine publiée dimanche montre que contrairement à ce que l'on croit depuis cinquante ans, les femmes pourraient être capables de produire des ovules tout au long de leur vie.

Un ovule (à dr.) sur le point d\'être fécondé par un spermatozoïde.
Un ovule (à dr.) sur le point d'être fécondé par un spermatozoïde. (INGRAM PUBLISHING / GETTY IMAGES)

La science se fourvoie-t-elle depuis un demi-siècle ? Une étude publiée dimanche 26 février dans la revue scientifique britannique Nature Medicine montre que, contrairement à ce qu'on croyait acquis, les femmes pourraient produire des ovules tout au long de leur vie.

Des cellules souches dans les ovaires

L'équipe américaine de Jonathan Tilly, du Massachusetts General Hospital de Boston, avait déjà ébranlé le dogme en 2004, avançant que les souris femelles conservaient la capacité de produire des ovules (ou ovocytes) au cours de leur vie adulte. A l'époque, ces travaux avaient suscité le scepticisme d'autres scientifiques.

Mais une nouvelle étude vient confirmer sa théorie controversée et va même au-delà. On pensait, depuis cinquante ans, que les femmes disposaient d'un nombre limité d'ovules jusqu'à la ménopause (400 à 500). Or, ces chercheurs ont découvert qu'il existait dans les ovaires des cellules souches capables de produire des ovules. Il n'est donc pas impossible que les femmes puissent renouveler leur stock, qui est de 200 000 à 400 000 ovocytes à la naissance.

Un espoir pour combattre l'infertilité

Des travaux complémentaires seront nécessaires pour démontrer la viabilité de ces ovocytes et comprendre les mécanismes qui permettent leur développement. Mais déjà, cette découverte "ouvre la voie au développement de technologies totalement nouvelles pour combattre l'infertilité chez les femmes et peut-être même retarder la survenue de l'insuffisance ovarienne", a estimé Jonathan Tilly.

Un espoir, notamment pour les femmes qui voient leurs capacités de reproduction limitées à la suite de maladies qui nécessitent des traitements lourds, comme le cancer.

De précédentes études ont montré que 10% des femmes sont probablement à risque de vieillissement ovarien précoce. Un sujet de préoccupation grandissant, dans une société où l'âge de la première grossesse ne cesse de reculer : il est en moyenne de 28-29 ans en 2009, contre 24 ans à la fin des années 1970.