Téléphonie mobile : Free espère gagner sa liberté

Pour finaliser son rachat de SFR, Bouygues se dit prêt à céder son réseau d'antennes à Free. Le trublion de la téléphonie mobile resterait le plus petit des trois opérateurs du marché, mais avec une liberté précieuse, celle de rompre son bail d'itinérance avec Orange. 

(Maxppp)

Sur le front de la surenchère commerciale, les relations ont parfois été tendues entre Bouygues et lliad, la maison mère de Free. Depuis l'annonce le 6 mars d'un rachat de SFR par Bouygues, une alliance de circonstances se dessine entre Bouygues et Free. Pour le plus jeune et le plus petit des opérateurs, le prix de la liberté serait fixé à 1,8 milliard d'euros.

Une autre dimension pour Free

Le patron de Free,
Xavier Niel, parle d'un coup de foudre très récent avec Bouygues, c'est une allusion souriante aux relations parfois houleuses entre les dirigeants. Mais les deux meilleurs ennemis
de la téléphonie mobile ont depuis peu trouvé un terrain d'entente. Si Bouygues
veut racheter SFR
, sans craindre le feu rouge de l'Autorité de la concurrence pour cause d'appétit féroce,
il doit céder des fréquences et son réseau de 15 000 antennes. Free est présenté comme le bénéficiaire potentiel et le groupe de Xavier Niel approuve : il n'aurait plus à louer ses antennes, son itinérance, à Orange. Ce lien n'a pas toujours été bien vécu par les deux opérateurs.  

Des chemins de
traverse, Free passerait en un temps record à l'autoroute. Le directeur général de la maison mère lliad, Maxime Lombardini voit dans ce projet, "un bond
compétitif, au bénéfice du consommateur."

 

Des frais en moins et une liberté gagnée

Si le rachat se concluait, l'opérateur réduirait ses
frais d'itinérance, une facture de location des antennes d'Orange estimée
par les analystes à 700 millions d'euros par an. En plus de son indépendance, Free améliorerait son offre en matière de 4G, le très
haut débit mobile.

Si le projet aboutit, Free devra débourser 1,8
milliard d'euros. Le groupe de Xavier Niel se placerait en troisième position derrière Bouygues-SFR et
Orange, en termes de chiffres d'affaires. Une position qu'IIiad ne juge pas
inconfortable, au contraire. Son directeur général prévient que la position du
plus petit, "va inciter l'entreprise à être très agressive, comme elle l'a
toujours été."
Autrement dit, l'alliance de circonstance ne scellera en
aucun cas, un pacte d'amitiés commerciales.