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Felix Baumgartner, les coulisses d'un exploit

La parachutiste autrichien a battu le record du monde de saut en chute libre et a franchi le mur du son dimanche, chutant à 1 322 km/h.

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France Télévisions
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Félix Baumgartner avant son saut stratosphérique, le 14 octobre 2012.  (STEFAN AUFSCHNAITER / WWW.REDBULLCONTENTPOOL.COM / AFP)

SCIENCES - Il l'a fait ! Le parachutiste autrichien Felix Baumgartner a réussi son saut à une altitude record de plus de 39 000 mètres, dimanche 14 octobre. Lors de sa descente, qui a duré environ huit minutes, il a battu le record du monde de saut en chute libre détenu depuis 1960 par un ancien colonel de l'Armée de l'air américaine, Joe Kittinger (31 333 mètres). Felix Baumgartner s'est posé sans encombre dans le désert de Roswell, au Nouveau-Mexique (Etats-Unis). Voici des images de l'exploit.

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1 Felix Baumgartner a-t-il franchi le mur du son ?

Il a fallu patienter quelques heures après le saut pour en avoir le cœur net. Mais le sponsor de l'événement, Red Bull, affirme que Baumgartner a bien réussi son pari en franchissant le mur du son. Les chiffres ont été annoncés lors de la conférence de presse : 1 332 km/h et Mach 1,24. C'est au-dessus de la limite symbolique de Mach 1 (1 224 km/h), la vitesse du son.

Félix Baumgartner ne s'est pas encore remis : "Pendant quelques secondes, j'ai cru que j'allais m'évanouir. Je n'ai pas senti le mur du son. Trop occupé à garder le contrôle."

2Quels étaient les principaux risques ?    

La hantise de Felix Baumgartner était de ne pas pouvoir contrôler son corps, faute d'appui dans l'air. Il aurait pu alors tourner sur lui-même, partir en vrille et finalement perdre connaissance. Le parachutiste a également évoqué un "bouton d'urgence" censé assurer sa sécurité en cas de pépin. 

Baumgartner devait avoir une confiance totale en sa combinaison pressurisée. C'est elle qui le protégeait du froid, des UV et des rayons lors de l'ascension. Car à 20 kilomètres de haut, la pression atmosphérique est si faible que les liquides du corps passent instantanément à l'état gazeux. En clair, Felix Baumgartner aurait pu bouillir si sa combinaison n'avait pas été étanche.

3 Y a-t-il un intérêt scientifique à cette mission ? 

A priori, non. Le saut n'a pas été porté par un organisme de recherche, mais par un sponsor privé. De nombreuses critiques ont d'ailleurs dénoncé le manque d'intérêt scientifique du saut. A y regarder de plus près, pourtant, cette mission n'est pas sans bénéfices.

L'ancien astronaute de la Nasa Leroy Chio a défendu les aspects techniques de la mission sur la chaîne américaine CNN, en expliquant que les technologies développées pour la combinaison "seront incorporées dans les futures combinaisons spatiales". L'équipe qui l'a fabriquée a en effet amélioré la télémétrie, les capteurs, l'enregistrement et la communication des données au sol.

Même analyse pour l'ancien spationaute français Jean-François Clervoy, qui a déclaré sur Europe 1 que Baumgartner avait "prêté ce saut à la science et à la technique pour qu'on apprenne et qu'on puisse mieux faire la prochaine fois", lundi 15 octobre.

4 A-t-on suivi l'événement en direct ?

Presque. Un décalage de 20 secondes était prévu afin que les organisateurs puissent couper la retransmission en cas d'accident. Des dizaines de millions de personne ont suivi le saut à travers le monde entier, dont sept millions d'internautes sur YouTube.

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