De l'oxygène a été découvert dans l'atmosphère de la comète Tchouri

Cette trouvaille surprise de la sonde européenne Rosetta pourrait remettre en cause les modèles sur la formation du système solaire.

La comète Tchouri vue depuis la sonde Rosetta, à 285 km de distance, le 3 août 2014.
La comète Tchouri vue depuis la sonde Rosetta, à 285 km de distance, le 3 août 2014. (ESA / ROSETTA / MPS FOR OSIRIS TEAM / AFP)

C'est une "surprise totale". De l'oxygène a été découvert en abondance dans l'atmosphère de la comète Tchouri, révèlent, mercredi 28 octobre, des chercheurs de l'université de Berne (Suisse) dans la revue Nature. Cette trouvaille de la sonde européenne Rosetta pourrait remettre en cause les modèles sur la formation du système solaire.

Le spectromètre Rosina, l'un des instruments clés de la mission Rosetta, a réalisé des mesures des gaz entre septembre 2014 et mars 2015 alors que la comète 67P se rapprochait du Soleil. Rosina a trouvé près de 4% d'oxygène moléculaire (rapporté à la vapeur d'eau H2O) dans le nuage qui forme la queue de la comète, selon l'étude. Ce taux est resté stable au fil des mois.

Une énorme surprise

Cet oxygène moléculaire pourrait être plus ancien que notre système solaire, qui date de 4,6 milliards d'années. "Il s'agit de la découverte la plus surprenante faite jusqu'à présent autour de la comète" 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, selon Kathrin Altwegg, l'une des auteurs de l'étude, comme elle l'explique dans un communiqué de l'université de Berne. Jamais les chercheurs n'auraient pensé que l'oxygène pouvait survivre des milliards d'années sans se lier avec d'autres substances."

C'est la première fois que l'on trouve du dioxygène, plus couramment appelé oxygène moléculaire, dans une comète, même s'il a été détecté dans d'autres corps célestes glacés comme les lunes de Jupiter ou de Saturne.

Le scénario de la naissance du système solaire à revoir ?

"Il va peut-être falloir modifier nos modèles actuels sur la formation du système solaire, car, pour le moment, ils ne prévoient pas la présence d'oxygène moléculaire dans une comète", a déclaré à l'AFP André Bieler, de l'université du Michigan (Etats-Unis), co-auteur de l'étude.

En effet, comme l'explique Sciences et Avenir, "il faudrait envisager que l'oxygène moléculaire qui s'échappe de la comète Tchouri ait été emprisonné dans son noyau" dès la formation de la comète, au même moment que celle du système solaire. "Cela signifie que notre système solaire a été formé depuis un nuage moléculaire anormalement chaud", explique l'équipe qui a mené l'étude.