Comment va Philae au lendemain de son arrivée sur la comète "Tchouri" ?

Le robot européen s'est posé avec succès, mais connaît quelques soucis.

Une maquette du robot Philae posé sur Tchouri, exposée à l\'Agence spatiale européenne, à Darmstadt (Allemagne), le 12 novembre 2014.
Une maquette du robot Philae posé sur Tchouri, exposée à l'Agence spatiale européenne, à Darmstadt (Allemagne), le 12 novembre 2014. (MICHAEL PROBST / SIPA / AP)

Après l'euphorie des premiers instants, les responsables de la mission Rosetta espèrent y voir plus clair, jeudi 13 novembre, sur la situation de Philae, au lendemain de son arrivée sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Le robot a droit à un check-up complet, afin de déterminer les éventuels dégâts subis lors de son atterrissage mouvementé.

Qu'est-ce qui inquiète l'Agence spatiale européenne ?

Tout ne s'est pas passé exactement comme prévu. Si le robot Philae "fonctionne bien", il se trouve sans doute "sur une pente fortement inclinée, a annoncé jeudi matin l'agence spatiale européenne.

Autre difficulté, lors de l'approche, les harpons du robot laboratoire ne se seraient pas activés, ce qui aurait provoqué des rebonds."Les analyses magnétiques révèlent que Philae a effectué trois atterrissages à 15h33, 17h26 et 17h33 UTC" , ont annoncé les équipes de l'Agence spatiale européenne. La veille, l'ESA avait déjà évoqué l'éventualité d'un double atterrissage.

Pourquoi cela peut-il gêner Philae dans sa mission ?

Si Philae n'était pas bien arrimé au sol, "ce serait embêtant pour certains instruments" explique Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au Centre national d'études spatiales (Cnes), à Toulouse.

"On a besoin qu'il soit bien harponné pour utiliser la foreuse qui doit permettre de récupérer les échantillons dans le sol", précise-t-il. Car la mission du robot laboratoire est notamment de faire des prélèvements qui donneront des informations sur les origines du système solaire, voire sur l'apparition de l'eau et de la vie sur Terre.

Des nouvelles plus rassurantes ?

Attendue mercredi, la première photo panoramique de la surface de Tchouri ne sera publiée que jeudi en début d'après-midi, à l'occasion d'une conférence de presse de l'Agence spatiale. Mais son appareil photo fonctionne parfaitement. Philae a d'ailleurs déjà envoyé une première image, jeudi matin.

 

La première photo envoyée par le robot Philae depuis la comète Tchourioumov-Guérassimenko, le 13 novembre 2014.
La première photo envoyée par le robot Philae depuis la comète Tchourioumov-Guérassimenko, le 13 novembre 2014. (ESA / ROSETTA / PHILAE / CIVA)

Les problèmes de harpons de Philae vont au moins retarder sa mission, le temps que l'ESA comprennent leur origine et trouve éventuellement une solution. Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'Agence spatiale européenne, se veut rassurant, mercredi : "Nous avons une liaison radio avec Philae, ce qui est objectivement très important, et la pile fonctionne. (…) Quand vous avez une liaison radio et de l'énergie, vous pouvez collecter des données."

Jean-Yves Le Gall, président du CNES (Centre national d'études spatiales), ne dit pas autre chose, jeudi matin. "Philae a passé la nuit sur la comète et nous avons eu trois bonnes nouvelles : la première, c'est que Philae est posé sur le noyau de la comète. Deuxièmement, Philae recoit de l'énergie, ses panneaux solaires sont allumés et lui permettent donc d'envisager un futur. Et troisièmement, nous sommes en contact permanent avec Philae puisqu'il émet et envoie des infos à Rosetta et que celle-ci nous les retransmet", a-t-il déclaré sur Europe 1.