Les nouvelles combinaisons spatiales russes n'ont plus de braguette, est-ce la fin de la tradition Gagarine ?

Les cosmonautes ont l'habitude de faire pipi sur une roue du bus qui les emmène à leur fusée, avant le décollage, pour leur porter bonheur. Sans braguette, ce sera compliqué.

Le cosmonaute russe Oleg Kononenko dans sa combinaison de vol, à Baïkonour (Kazakhstan), le 3 décembre 2018.
Le cosmonaute russe Oleg Kononenko dans sa combinaison de vol, à Baïkonour (Kazakhstan), le 3 décembre 2018. (GRIGORY SYSOEV / SPUTNIK / AFP)

La Russie a présenté une nouvelle combinaison spatiale pour ses cosmonautes,  jeudi 29 août. Baptisé Sokol-M, le prototype qui devra remplacer les combinaisons portées lors des lancements vers la Station spatiale internationale, est fait de "nouveaux matériaux" et adaptable à différentes corpulences. Surtout, il n'a plus de braguette. Le constructeur a toutefois indiqué que le design de la combinaison pourrait être "adapté", pour préserver une tradition bien spécifique.

En l'état, le Sokol-M empêche en effet les cosmonautes de poursuivre un rituel initié par Youri Gagarine, avant son premier vol dans l'espace, en 1961. Le cosmonaute soviétique avait été pris d'une envie pressante juste avant de s'envoler dans l'espace et avait uriné sur la roue arrière droite du bus l'emmenant vers le pas de tir. Depuis, chaque cosmonaute répète ce geste, comme un rituel porte-bonheur en hommage au premier homme envoyé dans l'espace. Les femmes, en général, apportent une fiole d'urine ou une petite bouteille d'eau, avec laquelle elles aspergent la roue du bus.

Les lancements de fusées Soyouz dans l'espace font l'objet de nombreux autres rituels comme le visionnage d'un classique du cinéma soviétique des années 1970, Le Soleil blanc du désert, diffusé à chaque équipage la veille de son départ. Le jour du vol, les spationautes signent d'abord la porte de leur chambre d'hôtel, puis doivent trinquer avec le personnel. Par superstition, ils n'ont pas le droit d'assister à l'érection du lanceur sur son pas de tir. Enfin, la fusée est bénie par un prêtre orthodoxe, selon une autre tradition instituée en 1993, après la chute de l'URSS.