Emmanuel Macron promet 500 millions d'euros pour l'Espace : "C'est une bonne nouvelle", se félicite le président du CNES

Le chef de l'État s'est rendu sur le site d'ArianeGroup dans l'Eure pour annoncer qu'un demi milliard d'euros du plan de relance serait consacré à un volet spatial. Le Centre national d'études spatiales en sera l'opérateur.

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Emmanuel Macron en visite sur le site ArianeGroup de Vernon (Eure), mardi 12 janvier 2021. (CHRISTOPHE ENA / POOL)

En déplacement mardi 12 janvier sur le site d'ArianeGroup de Vernon dans l'Eure, le président de la République a martelé un message : "La France doit continuer à être un grand pays du spatial". À ce titre, Emmanuel Macron a annoncé des investissements pour ce secteur dans le cadre du plan de relance, une enveloppe de 500 millions d'euros. "C'est une bonne nouvelle" se félicite sur franceinfo, Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d'études spatiales (CNES), qui accompagnait le chef de l'État. "Le CNES va être l'opérateur du volet spatial du plan de relance. Donc, Nous avons déjà commencé à travailler avec les différents industriels concernés", explique Jean-Yves le Gall.

franceinfo : C'est une bonne nouvelle pour vous, ces investissements annoncés par le président de la République ?

Jean-Yves Le Gall : C'est une excellente nouvelle, d'autant plus que le CNES va être l'opérateur du volet spatial du plan de relance. Donc, Nous avons déjà commencé à travailler avec les différents industriels concernés.

La France c'est une très grande nation spatiale mais ce plan de relance est bienvenu pour accélérer, en quelque sorte.

Jean-Yves Le Gall

à franceinfo

Ça permet de faire beaucoup de choses avec les 500 millions d'euros. Il y a 200 millions d'euros qui vont aller sur les équipementiers, ce qui va faire que nous allons continuer à faire la course en tête dans le domaine des satellites. L'année 2020 et 2021 a déjà bien commencé, les constructeurs satellites français et européens Airbus et Thalès ont fait un tabac. Ils ont fait carton plein partout dans le monde grâce aux investissements ciblés que nous mettons en place. Et puis, l'autre partie du plan de relance. Ce sera pour les lanceurs pour justement accélérer le calendrier d'Ariane 6, qui est un peu bousculé par le Covid-19. Il y a vraiment de très gros investissements qui sont fait et donc les résultats sont là et vont continuer à être là.

À l'heure où les géants du monde, les plus grandes puissances, visent Mars ou la Lune, vous visez, vous, des activités très concrètes?

Nous avons des activités scientifiques. Nous allons aller sur Mars avec les Américains. Nous nous poserons sur Mars le 18 février. Nous irons un peu plus tard sur la Lune avec les Chinois, mais nous avons surtout été un peu la carte de visite de l'espace français et européen. Il y a des activités très concrètes. Ce sont les télécommunications, la couverture des zones blanches. Il y a aussi Galileo et on ne le dit pas assez, mais il y a deux milliards d'utilisateurs, il est en train de supplanter le GPS. C'est la connectivité partout. C'est le succès de Copernicus pour la lutte contre le changement climatique ou pour l'aménagement du territoire. L'Espace est de plus en plus présent dans notre vie quotidienne.

Justement, en quoi les études spatiales permettent aussi d'observer le changement climatique, voire d'aider à la lutte contre le réchauffement ?

Il y avait la quatrième édition du One Planet Summit à l'Elysée, à laquelle j'ai participé tout l'après-midi et ce qu'il faut savoir, c'est que lorsqu'on parle de climat, il y a des variables climatiques essentielles, il y en a 50 dont 26 qui ne peuvent être observées que par les satellites.

Ce sont les satellites qui ont mis en évidence l'augmentation de la température, l'augmentation du niveau des océans. Ce sont les satellites qui vont permettre de faire une sorte de météo, des gaz à effet de serre, MicroCarb et Merlin qui sont en train d'être développés.

Jean-Yves Le Gall

à franceinfo

Donc, le spatial est incontournable pour la lutte contre le changement climatique. Et d'ailleurs, nous avons mis en place l'Observatoire spatial du climat dont on a parlé hier [lundi] après-midi à l'Elysée avec le programme TropiSCO qui va permettre d'observer en réel, grâce au satellite, la déforestation des forêts tropicales. Ce sont des instruments d'analyse, de connaissances, de contrôle, absolument irremplaçables. Et la France est aux avant-postes. Tous les États ont bien compris que l'Espace, ça permet de faire de l'espace utile, observer, connecter à la surface de la planète, c'est aussi un instrument de souveraineté. Et la souveraineté, c'est la possibilité d'aller explorer la lune, d'aller se poser sur Mars.

Que trouve-t-on aujourd'hui sur la Lune ou sur Mars ?

On est à la recherche de vestiges de vie parce qu'on sait qu'il y a quelques milliards d'années Mars était habitable. Et la question est de savoir si Mars a été habitée. Aujourd'hui manifestement, il n'y a plus de vie à la surface de Mars mais en creusant, dans le sous-sol de Mars, on peut peut-être retrouver les vestiges de bactéries du temps passé. Et donc, le Graal après lequel courent tous les astrophysiciens du monde entier. C'est la recherche de la vie. La lune c'est différent. Il va y avoir des études pour mieux comprendre la Lune, par exemple, sur la mission avec la Chine, on va déposer l'instrument DORN, qui va s'intéresser à l'exosphère. La Lune respire, il y a des gaz piégés sous la surface qui sont émis. Donc on va les analyser, mais surtout la lune. On va y retourner et on va y vivre.

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