"C'est vraiment très différent de ce qu'on peut voir sur Terre" : ce qui attend Rashid, le premier véhicule lunaire des Emirats arabes unis, sur la Lune

Si tout se passe bien, l’engin motorisé doit entamer sa mission ce mardi, avec un objectif : mieux connaitre la composition du sol lunaire.
Article rédigé par Olivier Emond
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Avec une masse de 10 kg, Rashid le rover des Emirats arabes unis fat la taille d'un petit chien. (Mohammed Bin Rashid Space Centre via ESA)

Il va rouler sur la Lune. Au terme d’une descente d’environ une heure depuis l’orbite lunaire, Rashid, petit "rover" ou "astromobile" de 10 kilos et 50 centimètres de côté, doit débuter sa mission, ce mardi 25 avril au cœur de l’immense cratère Atlas, une zone jusqu’ici inexplorée du satellite naturel de la Terre. Le véhicule, fruit d’une collaboration internationale emmenée par les Émirats arabes unis, est une première pour la jeune agence spatiale émiratie et un exploit réussi jusqu’ici uniquement par trois pays, les Etats-Unis, la Russie et la Chine.  

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Une fois libéré au sol par l’alunisseur qui le protège depuis son lancement en décembre dernier, le véhicule doté de quatre roues crantées et de panneaux solaires sur ses flancs déploiera son mat en haut duquel se trouve d’une des trois caméras développées par le CNES.

Des conditions extrêmes

Cédric Virmontois, chef de projet pour l’agence spatiale française, suit cette arrivée depuis le centre de contrôle à Dubaï avec une certaine nervosité. "On a fourni donc trois caméras, dont deux caméras à champ très large. Installées à l'avant et à l'arrière, elles vont permettre de faire la navigation du rover. La troisième caméra, elle, a un objectif de microscope qui permet de faire des analyses avec des résolutions par pixels en dessous de 100 microns", indique le spécialiste.

Autre défi pour ces caméras : le fonctionnement dans des conditions extrêmes. "La température va être très négative au début, on peut descendre jusqu'à -40 degrés sur la caméra, quant au pic de chaleur sur la Lune, on va monter à 85 degrés", précise Cédric Virmontois. 

Quatre sites d’alunissages ont été sélectionnés : ils présentent tous un intérêt scientifique majeur. (CRPG/MBRSC/TUD (2022))

Une durée de vie d'un jour lunaire

Avec ces "yeux", qui offriront des images en couleur, complétés par les autres instruments de bord, le rover pourra analyser son environnement immédiat et ce sol lunaire que les scientifiques appellent régolithe, qu’il va parcourir sur quelques centaines de mètres en tout.

"C'est vraiment très différent de ce qu'on peut voir sur Terre, détaille Sylvain Breton, chercheur associé au CRPG, un centre de recherche spécialisé de l’Université de Lorraine. Ce sont beaucoup de poussières, beaucoup de cailloux de tailles différentes. Et l'objectif de cette mission, c'est avant tout de caractériser ce régolithe, à la fois sa composition, mais aussi la taille des grains qu'il y a dedans.

La mission du rover doit durer un jour lunaire, l’équivalent de quatorze jours terrestres, avant que la nuit ne vienne éteindre ses instruments, sans doute définitivement.

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