Des micro-organismes âgés de 60 000 ans découverts par la Nasa dans des cristaux

Cette longévité fait craindre à la Nasa que des bactéries terrestres puissent être transportées, par accident, sur d'autres planètes lors de missions spatiales.

Une grotte remplie de cristaux, le 5 juillet 2010, à Naica, au Mexique, où la Nasa à découvert des micro-organismes vieux, pour certains, de 60 000 ans, piégés dans des cristaux.
Une grotte remplie de cristaux, le 5 juillet 2010, à Naica, au Mexique, où la Nasa à découvert des micro-organismes vieux, pour certains, de 60 000 ans, piégés dans des cristaux. (FRANCISCO GARCIA / AFP)

Des scientifiques de la Nasa ont découvert des micro-organismes âgés de 10 000 à 60 000 ans, qui ont manifestement survécu piégés à l'intérieur de cristaux, dans un état latent, mais toujours vivants. Une découverte présentée le week-end du 18 février, à la conférence de l'Association américaine pour l'avancement de la science à Boston, et qui "a d'importantes implications pour essayer de comprendre l'évolution de la vie microbienne sur notre planète", estime une responsable de la Nasa.

Ces étranges formes de vie très anciennes ont été découvertes à Naica, au Mexique. Elles ont apparemment évolué pour survivre en se nourrissant de sulfite, de manganèse ou d'oxyde de cuivre, a expliqué la responsable de l'Institut d'Astrobiologie de la Nasa.

Une centaine de micro-organismes différents

Ce n'est pas une seule espèce de micro-organisme mais une centaine qui ont été découvertes dans ces cristaux. La plupart sont des bactéries, et 90% de ces espèces n'avaient jamais été observées auparavant. Ils ne sont pas pour autant les plus vieux jamais découverts : des micro-organismes probablement vieux de 500 000 ans ont déjà été découverts dans de la glace et du sel.

La découverte n'a pas encore fait l'objet d'une publication dans une grande revue scientifique. Mais elle suscite, chez les scientifiques, l'espoir de découvrir des organismes capables de survivre dans des environnements extrêmes sur d'autres planètes et lunes dans notre système solaire.

Une source de questions pour les missions spatiales

La résilience de ces bactéries met en lumière le risque de contamination d'autres planètes par des organismes terrestres, lors de missions d'exploration comme celles déjà lancées sur Mars, où se trouvent déjà plusieurs robots américains. De même, elle suggère que des organismes extra-terrestres pourraient être ramenés sur Terre par un vaisseau spatial.

"Comment pouvons-nous être certains que les missions de détection de la vie détecterons bien une forme de vie sur Mars ou sur un monde glacé plutôt que notre propre vie ?", s'est interrogée Penelope Boston, la responsable de la Nasa. La Nasa prend de nombreuses précautions pour stériliser vaisseaux et équipements d'exploration avant de les envoyer dans l'espace. Mais le risque subsiste toujours que des micro-organismes terrestres ultra-résistants aient survécu.