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Des analyses sur la tête d'Henri IV prouvent son lien de parenté avec Louis XVI

Une étude publiée par une équipe franco-espagnole a comparé le matériau génétique retrouvé dans du sang de Louis XVI et dans la tête momifiée d'Henri IV.

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Le paléopathologiste Philippe Charlier travaille sur le crâne d'Agnès Sorel, maîtresse du roi Charles VII, le 29 septembre 2004 à Lille (Nord). (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

C'est une jolie réussite dont peut se vanter une équipe de scientifiques franco-espagnole dirigée par le chercheur Philippe Charlier : celle-ci a établi l'existence d'un profil génétique commun entre la tête momifiée d'Henri IV et du sang séché provenant de son descendant, Louis XVI. Ses travaux sont publiés lundi 31 décembre par la revue Forensic Science International (article en anglais).

Sept générations séparent ces deux rois de France au destin tragique : Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793, descend en ligne directe paternelle d'Henri IV, assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610. Ces travaux scientifiques confirment la vérité historique et "montrent qu'Henri IV et Louis XVI ont le même patrimoine génétique passant par les pères", a expliqué à l'AFP le Dr Charlier, médecin légiste à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, en région parisienne, et grand spécialiste des énigmes historiques.

Louis XIV est bien le fils de Louis XIII...

L'étude apporte une réponse aux historiens qui pouvaient douter que Louis XIV soit bien le fils de Louis XIII, et non de Mazarin. "L'enfant du miracle" était en effet né plus de vingt ans après le mariage de Louis XIII, le premier fils d'Henri IV, avec Anne d'Autriche.

Mais ce n'est pas le seul intérêt de l'étude : elle valide aussi l'authenticité de la tête d'Henri IV, contestée par certains.

Une tête aux multiples pérégrinations

Elle a été séparée du corps du monarque en 1793, sous le régime de la Terreur, lors de la profanation de la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France. Elle n'est réapparue qu'au XIXe siècle, connaissant plusieurs propriétaires avant d'être finalement authentifiée en 2010 sur la base de recoupements scientifiques et historiques. Mais les spécialistes avaient alors échoué à extraire l'ADN. 

Cette fois-ci, l'Institut de biologie évolutive de Barcelone (Espagne) a travaillé sur un échantillon "provenant du plus profond de la gorge de l'individu" et a pu extraire un ADN partiellement exploitable. C'est précisément l'ADN "paternel", l'ADN du chromosome Y, qui a parlé, balayant les derniers doutes sur l'authenticité de la tête d'Henri IV, selon le Dr Charlier. 

Quant au sang attribué à Louis XVI, analysé en 2011 par une équipe italo-espagnole pilotée par Carles Laluela-Fox (Institut de biologie évolutive de Barcelone), il a été récupéré dans une sorte de gourde possédée par une famille aristocratique italienne. Cette gourde aurait contenu un mouchoir qui avait trempé dans le sang royal, le jour où Louis XVI fut guillotiné.

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