La Lune est encore plus riche en eau que prévu

Des études parues dans "Nature Astronomy" révèlent l'existence d'une multitude de micro-cratères retenant en leur fond de la glace d'eau, appelés "pièges froids".

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Une image de la lune projetée lors d'une conférence de presse le 26 octobre 2020, à Hambourg (Allemagne), qui présente de nouvelles preuves de la présence d'eau sur la lune, découvertes par des chercheurs américains.  (CHRISTIAN CHARISIUS / DPA / AFP)

Bonne nouvelle pour les astronautes : il y aurait encore plus d'eau que ce que l'on pensait sur la Lune, ce qui représente une ressource potentielle pour les futures missions spatiales, selon deux études parues lundi 26 octobre.

La Lune a longtemps été perçue comme un astre désespérément aride, jusqu'en 2008, lorsque des chercheurs ont découvert des molécules d'eau à l'intérieur de magma ramené par des astronautes des missions Apollo.

Il s'agit de glace d'eau, piégée au fond de grands cratères perpétuellement à l'ombre, près des pôles, où les températures sont extrêmement basses.

L'eau proviendrait d'astéroïdes qui ont percuté la Lune il y a des milliards d'années 

Une étude parue dans Nature Astronomy (en anglais) révèle l'existence d'une multitude de micro-cratères retenant en leur fond de la glace d'eau, appelés "pièges froids".

"Imaginez-vous sur la Lune, près de l'un de ses pôles : vous verriez une myriade de petites ombres mouchetant la surface, dont la plupart sont plus petites qu'une pièce de monnaie. Chacune serait extrêmement froide, suffisamment pour abriter de la glace", décrit Paul Hayne du département d'astrophysique de l'Université du Colorado aux Etats-Unis. Une autre étude (en anglais), également publiée dans Nature Astronomy, apporte en outre la preuve chimique qu'il s'agit bien d'eau moléculaire.

Mais d'où vient cette eau ? Probablement de la chute d'astéroïdes qui ont percuté la Lune, il y a des milliards d'années, la même source, pense-t-on, que pour la Terre. Les molécules d'eau éjectées lors de la chute des ces corps seraient tombées au fond de ces cratères, où elles sont restées "piégées à jamais" par le froid, explique Francis Rocard, spécialiste du système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES).

Baisse du coût des futures missions spatiales 

Si on arrive à mettre au point des techniques d'extraction, cela représenterait une ressource potentielle pour de futures missions spatiales, notamment la Lunar Gateway, la future mini-station qui sera assemblée en orbite lunaire.

Pour les futures missions habitées vers Mars par exemple, on pourrait imaginer de "décoller de la Terre, faire un arrêt à la 'station service' que sera la Lunar Gateway, d'où seraient envoyées des sondes sur la surface lunaire récolter de l'eau, et ainsi faire le plein nécessaire à l'équipage effectuant le voyage vers Mars", poursuit Francis Rocard, qui n'a pas participé aux études.

"Cela ferait baisser le coût du programme, car c'est moins cher que d'emmener l'eau depuis la surface de la Terre", souligne l'astrophysicien français, soulignant que le voyage vers Mars dure six mois.

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