Taxe sur les "premix" à base de vin : "Le but, c'est d'être dissuasif et d'éviter la consommation des jeunes"

La députée LREM de Loire-Atlantique Audrey Dufeu Schubert défend sur franceinfo le vote des députés qui ont instauré une taxe sur les "premix" à base de vin aromatisé. 

Une personne se sert un verre de rosé-pamplemousse, l\'un des \"premix\" à base de vin. 
Une personne se sert un verre de rosé-pamplemousse, l'un des "premix" à base de vin.  (MARC OLLIVIER / MAXPPP)

L'Assemblée nationale a voté jeudi 24 octobre l'instauration d'une taxe sur les "premix" à base de vin. Il s'agit de vins aromatisés comme le rosé-pamplemousse. Une taxation existe déjà à hauteur de 11 euros par décilitre d'alcool pur, dont les "premix" étaient exonérés. Un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale fixe une taxation intermédiaire de 3 euros par décilitre d'alcool pur pour ces produits. "Le but, c'est d'être dissuasif, de reporter la consommation des jeunes et de l'éviter", déclare vendredi 25 octobre sur franceinfo la députée LREM de Loire-Atlantique Audrey Dufeu Schubert, à l'origine de cet amendement.

franceinfo : Trois euros de taxe par décilitre pour les "prémix" à base de vin, contre onze euros pour les "prémix" à base d'alcool fort, est-ce suffisant ? La Fédération française des vins d'apéritif affirme que ces produits sont peu consommés par les jeunes et que les consommateurs vont se tourner vers d'autres alcools plus forts.

Audrey Dufeu Schubert : C'est une belle victoire pour la santé publique. C'est un petit peu inférieur par rapport aux "prémix" standards, ceci dit le vin bénéficie déjà de taxations aménagées. C'était pour garder cet esprit-là. Le but, c'est d'être dissuasif, de reporter la consommation des jeunes et de l'éviter. Des plus jeunes et aussi des jeunes femmes, qui sont principalement attirées par ces produits. J'ai vu des bouteilles à deux euros dans certains magasins, ce sont des prix extrêmement bas, qui du coup deviennent attractifs pour les jeunes et pour les personnes à faible pouvoir d'achat. C'est ça qu'il faut dénoncer. On ne peut pas dire que ces vins ne sont pas consommés par les jeunes. Il suffit de regarder le packaging, le marketing, clairement, on ne reconnaît même pas que ce sont des vins français. On est sur un marketing ciblé. Les taxes comportementalistes ont des effets, on l'a vu sur le tabac. L'augmentation du prix du tabac modifie les usages et les modes de consommation.

L'une de vos consoeurs à l'Assemblée, la députée LREM Danielle Brulebois, voulait une taxe à un euro par décilitre. Selon elle, votre amendement va toucher un secteur qui représente 18 000 emplois.

Une taxe à un euro, c'est onze fois inférieur à la taxe qui existe, puisque je le rappelle, ce n'est pas une nouvelle taxe, c'est juste l'élargissement de l'application de cette taxe. Un euro, ce n'est pas entendable. Agnès Buzyn a émis un avis favorable à cet amendement, le rapporteur général, Olivier Véran, également. C'est un vaste débat. Le vin touche à notre culture, on a tous un rapport particulier avec les vignes et le vin. Les débats à l'Assemblée sont finalement le reflet de ce qu'on peut voir dans nos territoires, et tant mieux. En taxant davantage les "prémix" à base de vin, je ne pense pas faire offense au vin français, puisque le mélanger avec du jus de fruits et plein de sucres, sur des vins dont la vinification n'est pas forcément satisfaisante et ne touche pas les appellations contrôlées ou protégées, c'est un débat différent.

L'alcool tue plus de 40 000 personnes en France chaque année. Faut-il aller plus loin, en interdisant les publicités vantant l'alcool ?

L'alcool tue 40 000 personnes, ça coûte aussi 120 milliards en coût social. Il y a les problèmes sanitaires et les problèmes sociaux autour. Tout ne doit pas se résumer à la taxation. Là, on est sur une période budgétaire, donc le vecteur législatif est celui-ci. Le but n'est pas de rapporter, c'est de dissuader : on est entre 8 et 10 millions d'euros, pour le moment, telles que sont les consommations, mais l'objectif, c'est que ça diminue. On doit réguler davantage les modes de distribution, notamment dans les supérettes, où on trouve des bières réfrigérées à emporter. Sur ma circonscription à Saint-Nazaire, les poubelles sont remplies de "prémix" et de bières consommées instantanément. On doit aussi travailler la prévention et l'éducation des jeunes, à qui on doit apprendre à davantage se respecter soi-même.