Un Japonais se retrouve aux urgences avec une aubergine… dans le rectum

Les médecins ont d’abord cru à une inflammation ou à une péritonite, avant de détecter la présence d’un corps étranger.

Une dizaine de gastroentérologues se sont relayés pour extraire le légume de manière naturelle.
Une dizaine de gastroentérologues se sont relayés pour extraire le légume de manière naturelle. (© Faculté de médecine de Hyōgo, Japon.)

Ne faites surtout pas ça chez vous ! Au Japon, un homme de 66 ans a consulté pour des douleurs au niveau du rectum. Et pour cause : saoul, il s'était fait insérer une aubergine de 20 cm dans le rectum par un ami et ne pouvait plus la retirer. Ce cas, documenté en avril dans la revue Case Reports in Gastroenterology, prête à sourire, mais il nécessite une intervention minutieuse. "On essaie d'abord de retirer le corps étranger au doigt pour éviter les risques liés à l'anesthésie. On tente au maximum de limiter les passages au bloc", explique l'urgentiste Anthony Chauvin.

Aucun signe d’hémorragie ou de perforation intestinale

Dans le cas du sexagénaire, une dizaine de spécialistes se sont en effet relayés pour extraire le légume de manière naturelle, sous endoscopie et sans anesthésie. Ils ont pu s’emparer de l'objet grâce à une anse à polypectomie, sans blesser le patient : celui-ci ne présentait pas de signe d’hémorragie ou de perforation intestinale. Aucun acte de chirurgie n’a donc été nécessaire. "Dans 90% des cas, le patient n'a rien. Certains ont même inventé leur propre système pour retirer les objets", précise le Dr Chauvin.

Ce n’est pas la première fois qu’un homme semble séduit par l’idée de s’insérer ce légume dans le fondement. "Généralement, on retrouve des objets du quotidien, n'importe quoi qui peut avoir une structure phallique, dont les légumes du potager ! Mais aussi des bouteilles de déodorant, des téléphones..." note l'urgentiste. En avril dernier, un quinquagénaire chinois a même battu le record de notre Japonais, avec une aubergine de 30 cm. S'il est aujourd’hui hors de danger, les choses ne se terminent néanmoins pas toujours aussi bien. "Il peut y avoir des séquelles, comme des lésions internes. Il faut parfois poser une stomie", souligne le Dr Chauvin. Ou pire encore : en 2014, un Britannique resté cinq jours avec un vibromasseur enfoncé dans l'anus est décédé d’un choc septique. Un seul conseil donc, si jamais cette triste expérience vous arrive : n’ayez pas honte, et filez aux urgences !