Prison et hôpital psychiatrique : un rapport dénonce une violence grandissante

Un rapport de la contrôleure des lieux de privation de libertés, Adeline Azan, recommande, entre autres, l'hébergement individuel dans les lieux d'enfermement pour éviter les violences.

Prison et hôpital psychiatrique : un rapport dénonce une violence grandissante
Prison et hôpital psychiatrique : un rapport dénonce une violence grandissante

Que ce soit en prison, en garde à vue ou dans les hôpitaux psy, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) observe "de plus en plus de violence" mais cela n'est pas inéluctable, explique-t-elle dans un rapport publié ce 11 décembre. 

"La violence est parfois à l'origine de la mesure de privation de liberté. Dans d'autres cas, c'est la privation de liberté elle-même qui suscite une réaction violente", écrit la CGLPL Adeline Hazan dans ce rapport.

A lire aussi : Prisons : la situation "accablante" des détenus malades psychiatriques

Une violence grandissante

Cette violence est un "point commun" entre les différents lieux de privation de liberté que visite la contrôleure: cellules de prison et de garde à vue, hôpitaux psychiatriques, centres de rétention pour étrangers, etc. La violence peut s'exercer entre les personnes privées de liberté mais aussi contre ou par le personnel.

A lire aussi : Violences à l’hôpital : plus de 23 000 cas en 2018

La contrôleure "observe de plus en plus de violence entre les personnes au fur et à mesure de ses visites dans les lieux de privation de liberté et des courriers" qu'elle reçoit, déplore-t-elle. Il n'existe cependant pas de données chiffrées. Or les autorités doivent s'assurer qu'une personne "ne se trouvera pas dans un état plus dégradé" à l'issue de sa privation de liberté. 

A lire aussi : Maltraitance en Ehpad : cinq ans de prison ferme contre un aide-soignant

Des causes multifactorielles

Les causes de cette violence sont "multifactorielles". Parmi elles, au-delà des histoires personnelles, il y a la promiscuité, la surpopulation ou les nuisances sonores. La contrôleure évoque aussi "des usages illégitimes ou disproportionnés de la force" de la part de personnels.

Mais cette violence "ne doit pas être considérée comme une fatalité et n'est pas inéluctable", assure Mme Hazan, qui formule trente recommandations. Elle demande un meilleur recensement des actes de violence afin d'élaborer une politique de réduction des risques.

Former le personnel pour combattre la violence  

Lors de leur formation, les personnels doivent recevoir un enseignement sur la prise en charge des violences afin de favoriser la désescalade. "Les réponses à la violence ne doivent pas se limiter à la maîtrise physique", écrit la contrôleure.

Autre recommandation: toutes les personnes privées de liberté doivent « pouvoir bénéficier d'un hébergement individuel ». Par ailleurs, celles-ci et les personnels doivent savoir comment signaler un acte de violence, ce qui doit pouvoir être réalisé de manière "simple" et "confidentielle ».

En juin, l'Observatoire international des prisons (OIP) a publié un rapport sur les violences commises sur les détenus par les surveillants dénonçant le règne de l'"omerta" et de l'"impunité ». L'OIP demandait notamment que les détenus puissent saisir l'inspection générale de la justice sur le modèle de l'IGPN, la police des polices.