Les Académies scientifiques unies contre Henri Joyeux

Les Académie des sciences, de médecine, de pharmacie, de chirurgie dentaire, d'agriculture et l’Académie vétérinaire dénoncent la non-radiation du Pr Joyeux.

Pour les académies, \"la liberté d\'expression a des limites et elle n\'excuse en rien les allégations irresponsables de certains professionnels de santé\".
Pour les académies, "la liberté d'expression a des limites et elle n'excuse en rien les allégations irresponsables de certains professionnels de santé".

"Les six Académies, dans leur devoir de protection de la santé des populations, déclarent solennellement que la liberté d'expression a des limites et qu'elle n'excuse en rien les allégations irresponsables de certains professionnels de santé", ont écrit six Académies scientifiques dans un communiqué commun publié le 29 juin. Elles font ici directement référence à la décision de la chambre disciplinaire du Conseil national de l’Ordre des médecins, qui annule en appel la radiation du Pr Henri Joyeux. Depuis quelques années, Henri Joyeux, professeur de cancérologie et de chirurgie digestive à la retraite, est devenu l'une des figures de la contestation vaccinale. Il affirme notamment que la vaccination est dangereuse pour les nourrissons et évoque des risques de mort subite. Des propos sans fondement scientifique.

"Des positions scandaleuses"

Aussi les Académie des sciences, de médecine, de pharmacie, de chirurgie dentaire, d'agriculture et l’Académie vétérinaire dénoncent-elles des positions "scandaleuses" de sa part. Elles évoquent notamment la réaction du Pr Joyeux à la décision de la chambre disciplinaire, qui, "se prévalant de la levée de sa radiation du Conseil national de l'Ordre des médecins, prétend qu'il a raison". Henri Joyeux, visiblement grisé par la situation, avait estimé que l’absence de sanction à son égard voulait tout simplement dire qu’il avait raison.

Michel Cymes : "Henri Joyeux pourra continuer son oeuvre destructrice". Carton rouge diffusé le 27 juin 2018.

"Ces positions sont d'autant plus scandaleuses que les couvertures vaccinales restent insuffisantes en France [...]. L'actualité rappelle que la rougeole peut tuer", notent les Académies. Le 26 juin dernier en effet, Santé publique France a annoncé le décès d’un patient de 26 ans ayant contracté la rougeole. Une autre personne de 17 ans fait toujours l’objet d’un "pronostic réservé", selon le dernier bulletin périodique. Jeudi 28 juin, l'Ordre des médecins a annoncé qu’il comptait se pourvoir en cassation. L’histoire n’est donc pas terminée pour Henri Joyeux.