Dons et greffes d'organes : l'Agence de biomédecine espère retrouver cette année le niveau d'avant la crise du Covid-19

Greffes de rein, de foie, du poumon ou du cœur, près de 15 000 patients sont en attente "active" en France.

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Radio France
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Journée nationale sur le don d’organe et de la greffe (illustration). (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

"On peut espérer retrouver cette année des niveaux de prélèvements, -et donc de greffes- à peu près identiques à ceux que l'on connaissait avant la crise" du Covid, a déclaré mardi 22 juin sur franceinfo Benoît Averland, directeur adjoint du prélèvement et de la greffe de l'Agence de la biomédecine, à l'occasion de la journée nationale sur le don d’organe et de la greffe. L'an dernier, les dons d'organes ont chuté de 25 % par rapport à l'avant-coronavirus, selon cette même agence.

franceinfo : Sommes-nous dans une situation critique ?

Benoît Averland : La baisse des dons d'organes a surtout eu lieu l'an dernier, à cause de la pandémie. Le Covid-19 a absolument concentré la totalité des forces et de la mobilisation des soignants, qu'ils soient médecins ou infirmiers. À l'heure actuelle, l'hôpital public français est en train de se remettre totalement en marche. On peut donc espérer retrouver cette année des niveaux de prélèvements, -et donc de greffes- à peu près identiques à ceux que l'on connaissait avant la crise. Nous travaillons en ce moment, avec l'ensemble des soignants français, à remettre en route cette activité le plus vite et le plus normalement possible pour permettre de ne pas trop faire attendre des gens qui sont souvent malades, qui ont besoin d'un greffon. Ce greffon va leur permettre d'une part d'améliorer leur santé, mais aussi d'avoir une vie beaucoup plus fluide, beaucoup plus agréable et surtout beaucoup plus simple au quotidien.

Combien de patients sont aujourd'hui en attente d'une greffe, et quels sont les sont les besoins les plus importants ?

Une quinzaine de milliers personnes sont en attente "active" d'un greffon en France. Ce sont des personnes qui, demain, peuvent être greffées si on les appelle. Ces patients sont essentiellement en attente de greffes de rein, mais aussi de greffes de foie, de greffe du poumon ou de greffe du cœur. Il n'y a pas vraiment de besoins plus importants.

"Nous avons réussi, l'an dernier, à continuer à greffer les malades les plus urgents, ceux dont la vie était menacée à très court terme. Nous avons aussi continué à greffer les enfants." 

Benoît Averland de l'Agence de la biomédecine

à franceinfo

On est très contents et très fiers d'avoir réussi à maintenir cette activité.

Le don d'organes est-il encore tabou ?

La société fait de gros efforts pour en discuter. La plupart de nos concitoyens ont déjà réfléchi à cette question et sont d'accord pour que l'on prélève leurs organes. Ce qui manque aujourd'hui, et c'est le but de cette journée, c'est d'en parler autour de soi, d'être capable de dire : "Tu sais, j'accepte de donner mes organes quand je serai mort" ou bien "je ne le souhaite pas". Si ça vous rassure, vous pouvez inscrire votre souhait quelque part, mais le dire suffit. Quand ce cas de figure se produit, les soignants interrogent d'abord le registre national des refus pour voir si la personne est inscrite. Ensuite, ils rencontrent les proches et leur disent 'on est dans un contexte de gravité extrême, la mort encéphalique et prononcée, qu'aurait-il ou elle voulu ? En aviez-vous parlé ? Répondre : "Oui, on en avait parlé et il ou elle m'avait dit ça", c'est quelque chose de très sain, de beaucoup plus simple, surtout dans ces moments-là.

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