Sidaction : "Si je peux éviter à d'autres personnes de faire les mêmes erreurs que moi, c'est bien", témoigne Lucie, 26 ans, séropositive

Une jeune femme de 26 ans atteinte du sida, Lucie Hovhannessian, témoigne vendredi de son expérience sur franceinfo vendredi à l'occacion de l'ouverture du Sidaction 2018. Elle a écrit un livre pour "partager" son histoire, explique-t-elle.

Soirée de lancement au musée du quai Branly à Paris pour l\'édition 2018 du Sidaction.
Soirée de lancement au musée du quai Branly à Paris pour l'édition 2018 du Sidaction. (MAXPPP)

La 25e campagne du Sidaction démarre vendredi 23 mars et pour trois jours. Objectif : collecter des dons pour la recherche, la prévention et les soins. En France, 153 000 personnes vivent avec le VIH et 36 millions dans le monde.

>> Sida : les fausses idées se propagent chez les jeunes

Lucie Hovhannessian a appris qu'elle était séropositive à 20 ans, en 2012, lors d'un examen médical de routine. Aujourd'hui, à 26 ans, elle sort un livre pour "partager [son] histoire". Intitulé Presque comme les autres. Ma vie de jeune séropositive, il est publié chez Robert Laffont. Alors que le Sidaction débute vendredi 23 mars, Lucie Hovhannessian dit espérer que son témoignage serve à d'autres : "Si je peux éviter à d'autres personnes de faire les mêmes erreurs que moi, c'est bien", explique-t-elle vendredi 23 mars sur franceinfo.

Franceinfo : Dans quelles circonstances avez-vous appris que vous aviez été contaminée ?

Lucie Hovhannessian : C'était suite à des analyses de sang pour un anesthésiste, à l'occasion d'une opération. Il avait demandé à ce qu'on teste le VIH et c'est revenu positif. À ce moment-là, c'est un gouffre d'inconnu qui s'ouvre devant moi. Je me dis : 'Quelque chose est en train de se passer, mais je ne sais pas vraiment quoi'. C'était un flou artistique. J'ai écouté le médecin, j'ai fait ce qu'on m'a dit, et ça s'est bien passé.

Que signifiait pour vous le sida à l'âge de 20 ans ?

C'était quelque chose d'un peu lointain, que je voyais dans les reportages, dans les campagnes de prévention, mais pas tellement dans la vraie vie. J'en parlais avec mes partenaires, on abordait le sujet, mais très rapidement, on balayait un peu le truc. Même avec les potes, ce n'était pas notre préoccupation principale.

Avez-vous été en colère ou avez-vous eu peur ?

Il y a eu un peu de colère envers moi-même, de ne pas avoir fait plus attention. De la peur, non, de l'inquiétude, oui, un peu, pour l'avenir. Et puis ça s'est vite évaporé puisque tout s'est bien déroulé par la suite avec le traitement. Le traitement fonctionne bien. J'ai très peu d'effets secondaires et c'est devenu complètement une habitude de le prendre le soir en mangeant ou en faisant la cuisine. J'y pense, mais machinalement, comme je pense le matin à me brosser les cheveux.

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Pour partager mon histoire. Parce que je trouvais qu'il n'y avait pas assez de témoignages qui se situaient dans ma génération et dans les années 2010. Je me sentais un peu seule dans tous ces livres et tous ces films qui parlaient des années 1980-1990. Je me disais : 'Mais nous, on est où ?' Il n'y avait pas beaucoup de témoignages de femmes aussi. Si je peux éviter à d'autres personnes de faire les mêmes erreurs que moi, c'est bien.