Aulnay-sous-Bois : le préfet saisit la justice pour faire suspendre l'arrêté du maire contre la campagne de prévention du Sida

Le maire d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, avait pris des arrêtés pour censurer des affiches de prévention sur le sida. Le préfet de Seine-Saint-Denis a déclaré cette arrêté "illégal".

Une des affiches de la campagne de prévention sur le sida, dans la ville de Rennes, le 22 novembre 2016.
Une des affiches de la campagne de prévention sur le sida, dans la ville de Rennes, le 22 novembre 2016. (DAMIEN MEYER / AFP)

Le préfet de Seine-Saint-Denis a annoncé mardi 22 novembre dans la soirée, dans un communiqué que franceinfo s'est procuré, avoir introduit un recours devant le tribunal administratif de Montreuil, pour faire suspendre un arrêté pris par le maire d'Aulnay-sous-Bois jugé "manifestement illégal". Le maire (LR) d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, a pris mardi un arrêté pour censurer les affiches d'une campagne de prévention sur le sida mettant en scène des couples homosexuels.

Le maire d'Aulnay-sous-Bois a expliqué avoir pris cet arrêté pour censurer une campagne de prévention qu'il juge "contraire aux bonnes mœurs et à la moralité", estimant que la diffusion de ces affiches risquait de "heurter la sensibilité de l’enfance et de la jeunesse". Une décision vivement critiquée par le préfet de Seine-Saint-Denis.

Un  arrêté "illégal"

"Cet arrêté est manifestement illégal, écrit le préfet de Seine-Saint-Denis dans son communiqué. Insuffisamment motivé, il porte une interdiction générale dont le caractère disproportionné est évident. Il s’oppose au surplus à un intérêt public pourtant incontestable, cette campagne nationale visant à prévenir des risques importants en terme de santé publique qui existent tant sur le plan local que national."

Alors qu'une dizaine de villes en France ont demandé le retrait de cette campagne d'affichage, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a par ailleurs indiqué sur Twitter mardi son intention de "saisir la justice" administrative "après la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH". La ministre avait déjà réagi à la publication d'un tweet, où l'on voit un internaute déchirer une affiche de cette campagne.