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Sida : un traitement testé sur des singes pourrait ouvrir la voie à un vaccin préventif

Des chercheurs américains ont développé une substance permettant de protéger des macaques pendant plusieurs mois contre la contamination au VIH-1, le principal type de virus du sida présent dans le monde.

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C'est sur un macaque rhésus, comme ce singe photographié au Népal, qu'un traitement préventif contre le sida a été testé avec succès par des chercheurs américains qui ont publié leur étude le 18 février 2015. (CYRIL RUOSO / BIOSPHOTO / AFP)

Comme le détaille la revue Nature (en anglais) publiée mercredi 18 février, des chercheurs américains ont mis au point une substance anti-sida qui s'est avérée efficace pendant des mois sur des singes et qui pourrait déboucher sur un traitement à effet prolongé contre le VIH. "Nous avons développé un inhibiteur très puissant et à large spectre" agissant sur le VIH-1, le principal type de virus du sida présent dans le monde, explique le professeur Michael Farzan, qui a dirigé l'étude. L'expérimentation sera présentée lors de la conférence annuelle CROI sur les rétrovirus et infections opportunistes qui se tiendra à Seattle (Etats-Unis) du 23 au 26 février.

La substance est le fruit de plusieurs années de recherches principalement réalisées par The Scripps Research Institute, un centre de recherche à but non lucratif basé en Floride. Ce "composé", baptisé eCD4-Ig, offre une "très, très forte protection" contre le VIH, explique le professeur Farzan. La molécule agit en neutralisant deux récepteurs du VIH qui sont nécessaires au virus pour entrer dans les cellules. Ce mode d'action assure à ce produit une efficacité inhibitrice plus grande contre les différents types de virus du sida, même ceux connus pour être "difficiles à neutraliser".

Efficace pendant huit mois sur les singes

L'expérimentation conduite sur des macaques rhésus a montré que cette substance, injectée en une seule fois, était capable de protéger les singes de l'équivalent du sida sur une durée d'au moins huit mois. Pour assurer cet effet prolongé, eCD4-Ig a été associé à un virus de type adéno-associé (AAV), inoffensif mais capable de s'introduire dans les cellules et de leur faire fabriquer indéfiniment la protéine protectrice afin de créer un effet anti-sida de longue durée. 

Après avoir été traité avec ce cocktail, les macaques ont été soumis à des doses de plus en plus fortes de la version singe du virus du sida (SHIV-AD8). Aucun de ces animaux n'a développé d'infection contrairement aux singes non traités avec eCD4-Ig et utilisés comme témoins.

Une protection "bien meilleure"

Les données publiés mercredi dans Nature montrent une protection efficace pendant au moins 34 semaines malgré des doses de SHIV quatre fois supérieures à celles ayant suffi à infecter les macaques témoins. "Cette protection est bien meilleure que n'importe quelle protection décrite pour des vaccins conventionnels ou non conventionnels", estime le docteur Farzan, qui s'attend à un effet protecteur de plusieurs années.

Les traitements actuels antirétroviraux sont très efficaces pour réduire à néant la charge virale (la quantité de virus présent dans le sang) chez les personnes infectées. Mais ils sont incapables d'éradiquer définitivement le VIH et les traitements doivent être pris à vie. La stratégie préventive poursuivie par l'équipe du professeur Farzan aurait l'avantage d'offrir une protection durable contre le sida sans l'obligation de prises quotidiennes d'antirétroviraux et sans leurs effets secondaires. Mais, "bien sûr, des études supplémentaires sont nécessaires sur la sécurité [du produit] aussi bien chez les macaques que chez l'homme" souligne le professeur Farzan.

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