Envoyé spécial, France 2

VIDEO. "On s'est dit qu'on allait construire nous-mêmes notre projet de vie" : comment ces retraités ont inventé un habitat partagé

Comment vieillir en évitant la solitude... et la maison de retraite ? "On s’est dit qu’on pouvait faire quelque chose en tant que personnes âgées responsables… et qu’on allait construire nous-mêmes notre projet de vie et notre habitat". Pour Françoise et Régis, 76 ans tous deux, et leurs amis retraités, l'idée était née. Le plus difficile restait à faire... Le 17 septembre, "Envoyé spécial" raconte l'aventure des "ToitMoiNous".

"J'ai fait du bénévolat en maison de retraite, se rappelle Françoise, 76 ans. Quand on voyait les gens à table, ils n’avaient rien à se raconter. C’était triste… on leur met la télé, ils sont là, passifs, devant la télé..." Cette ancienne assistante sociale "trouve que c’est dommage qu’on ne tienne pas compte des compétences des gens, même dans une maison de retraite, pour les faire vivre".

Avec son mari Régis, c'est en refusant cet avenir qui la déprimait que Françoise est devenue l'une des pionnières d'une nouvelle aventure. Et aussi grâce à un groupe d’études citoyen sur le vieillissement auquel elle contribue avec des amis. Elle y a découvert l’habitat participatif, issu du mouvement hippie des années 70. L'idée était née : "On s’est dit qu’on pouvait faire quelque chose en tant que personnes âgées responsables, qui étions encore tous engagées, dynamiques, et qu’on allait construire nous-mêmes notre projet de vie et notre habitat." 

"Il a fallu faire comprendre que c'était l'intérêt collectif"

En 2011, avec une douzaine d'amis retraités, le couple se met en quête d’un terrain à Villeneuve-d’Ascq. Ils obtiennent un rendez-vous avec le maire, mais sentent bien qu'on les prend pour de doux rêveurs. Pourquoi se compliquer l'existence, alors que le couple habite une grande maison ? "Il a fallu essayer de faire comprendre que c’était l’intérêt collectif, explique Régis, l'intérêt du maire, de la société... que des gens âgés abandonnent un logement trop grand pour y mettre des jeunes, et que nous, on prenne en charge notre vieillissement."

Finalement, un organisme HLM se laisse convaincre de leur confier un terrain. A cette condition : l’immeuble devra accueillir une partie des habitants en logement social. Un casse-tête administratif... 

"Ça ne s'est jamais fait... mais peut-être que ça peut se faire"

Pendant des mois, Régis et Françoise vont organiser des centaines de réunions pour sélectionner les candidatures, désormais ouvertes aux familles. Il leur faut batailler avec le promoteur immobilier, l’architecte, le bailleur...

"On a dû tout apprendre, raconte Régis, et surtout convaincre les gens que c’était possible quand même. Parce qu’en gros, la réponse qu’on nous faisait, c’est : 'Ça ne s’est jamais fait, donc on ne peut pas le faire.' Et nous, on devait dire : 'Ça ne s’est jamais fait, mais peut-être que ça peut se faire.' Et puis : 'Ça peut se faire, voilà'…" Le projet "ToitMoiNous" était lancé…

A suivre dans "Les voisins heureux !", un reportage diffusé dans "Envoyé spécial" le 17 septembre 2020.

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\"On s\'est dit qu\'on allait construire nous-mêmes notre projet de vie\" : comment ces retraités ont inventé un habitat partagé
"On s'est dit qu'on allait construire nous-mêmes notre projet de vie" : comment ces retraités ont inventé un habitat partagé (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)